Joseph Ateni (au premier plan) et Sylvio Van der Pijl (au second plan) ont soulevé la question des rapports entre élus et autorités coutumières (ASM)
Réunies hier matin en séminaire à la Région, les autorités coutumières ont évoqué l'avenir des populations amérindiennes et bushinenge au sein de la future collectivité territoriale de Guyane.
Une soixantaine de chefs coutumiers, capitaines et Gran man étaient réunis hier matin à Cayenne à l'invitation du conseil régional. Officiellement, il s'agissait de préparer les tables rondes qui se tiendront lors des journées des peuples autochtones, en août prochain. Mais rapidement, ce séminaire a plus ressemblé à un congrès sur la future collectivité territoriale de Guyane.
Si le transport fluvial, la préservation des modes de vie traditionnels ou encore l'accès aux ressources génétiques ont été abordés, c'est la question du statut juridique des autorités coutumières et la place des populations autochtones au sein de la future collectivité qui a surtout animé les débats.
« TROUVER LES JUSTES PERSONNES »
« Les Amérindiens sont loin de la question politique, ce qui fragilise les rapports entre les politiques et les chefs coutumiers » , relevait Sylvio Van der Pijl, chef du village de Balaté à Saint-Laurent. Le scrutin, qui se fera avec une seule circonscription découpée en huit sections, devrait justement permettre une représentativité des populations amérindiennes et bushinenge. « Il faudra trouver les justes personnes représentatives sur les listes, mais sans tomber dans le communautarisme » , commentait Rodolphe Alexandre. La question est justement de savoir qui seront ces « justes personnes » . Pour Joseph Ateni, capitaine de Papaïchton et représentant des Alukus de l'île de Cayenne, « il vaut mieux que le chef coutumier reste à l'écart de la politique car, s'il est élu, il peut perdre son indépendance » .
La réponse est moins tranchée pour Jocelyn Thérèse, président du conseil consultatif des populations amérindiennes et bushinenge : « C'est un débat qui concerne chaque communauté. Si un chef estime qu'il n'est pas assez entendu, qu'il n'a pas assez de poids, il a le droit de se présenter. Il n'y a pas de position rigide à ce niveau-là. »
REVOIR LE CONSEIL CONSULTATIF
« Si nous sommes dans la majorité, nous serons pour la reconnaissance des chefs coutumiers qui auront un statut et des indemnités » , promet Rodolphe Alexandre.
Pour Hélène Sirder, sa deuxième vice-présidente, le conseil consultatif doit aussi permettre de faciliter la prise en compte des populations amérindiennes et bushinenge. À condition de le faire évoluer. « Que ceux qui n'ont rien à y faire en sortent » , intime-t-elle, évoquant sa propre présence et celle de chercheurs au sein de cette instance.
L'élue propose que le conseil soit à l'avenir découpé en trois collèges représentants les chefs coutumiers, les populations et les associations. Surtout, la Région semble favorable à ce que ce conseil passe d'un simple rôle consultatif à un rôle plus décisionnel.
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