Trafic de cocaïne : quatre ans de prison pour l'ancien élu guyanais Ferdinand Boisrond
JUSTICE

Trafic de cocaïne : quatre ans de prison pour l'ancien élu guyanais Ferdinand Boisrond

Gaëtan TRINGHAM (g.tringham@agmedias.fr)
Ferdinand Boisrond, ancien adjoint à la jeunesse de Saint-Laurent sera jugé à partir de la semaine prochaine aux cotés d'un "clan familial." L'élu, en détention provisoire depuis mars 2022, est déjà passé aux aveux mais reste malgré tout présumé innoccent.
Ferdinand Boisrond, ancien adjoint à la jeunesse de Saint-Laurent a été condamné à quatre ans de prison ferme. L'élu, en détention provisoire depuis mars 2022, a avoué avoir transporté de la drogue. • ARCHIVES FG

Jugé aux côtés de son "clan familial", Ferdinand Boisrond, ancien élu à la jeunesse de Saint-Laurent du Maroni a été condamné à quatre ans de prison ferme pour sa participation à un important réseau de trafic de cocaïne. Ce procès de grande ampleur, dans lequel seize prévenus ont été jugés, s'est tenu au Mans. La peine la plus lourde prononcée par le tribunal est de neuf ans.

Le jugement était attendu pour la semaine prochaine, mais le délibéré est finalement tombé ce vendredi. Le tribunal correctionnel du Mans a condamné Ferdinand Boisrond, ex-élu à la jeunesse de Saint-Laurent de Maroni, à quatre ans de prison avec un maintien en détention pour trafic de cocaïne.

L'élu, en détention provisoire depuis son arrestation au cours d'un large coup de filet en mars 2022, a avoué avoir transporté de la drogue in corpore à quatre reprises. La justice lui reproche d'avoir effectué onze voyages.

 

"Bel exemple pour les jeunes en effet"

D'après le compte rendu d'Ouest-France, au procès, Ferdinand Boisrond a mis le doigt dans l’engrenage du trafic à cause de "dettes d’argent." Certaines auraient été contractées lors des élections municipales, quand il "était sur le terrain." "J’ai toujours résisté à ça, mais j’étais dans une fragilité financière énorme, a-t-il plaidé. À Saint-Laurent, on peut avoir un travail et des revenus, et on n’arrive pas à finir les fins de mois. On est plus facilement amenés à céder."

"Bel exemple pour les jeunes en effet", a ironisé la procureure au cours de cette semaine de procès.

Lors d'une audience précédente devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Angers l'avocat général avait estimé à son sujet : " Il est certain qu'il tient un rôle majeur dans ce trafic " tandis que le président avait affirmé "Vous vous situez au-delà du rôle de mule dans l'organisation." 

 

Une cheffe de clan et un fuyard

Quinze autres personnes, dix hommes et cinq femmes originaires de Guyane et du Suriname, étaient impliquées dans ce "clan familial", tel que cela avait été décrit par Delphine Dewailly, procureure de la République du Mans. Parmi eux, une mère de cinq enfants, Lisette Pongo, récidiviste, 40 ans, considérée comme la cheffe du clan. Cette dernière organisait le transport de la drogue depuis la Guyane, vers le Mans et la distribution vers plusieurs villes de l'Hexagone, ainsi qu'en Belgique et aux Pays-Bas. Cette dernière écope de huit ans de prison. Deux de ses enfants, sont aussi condamnés à de la prison ferme.

Selon Ouest-France, les prévenus sont condamnés à des peines comprises entre un an de bracelet électronique et neuf ans de prison ferme. Michael Zeegenaar, 29 ans, en fuite au Suriname, considéré comme le fournisseur de la cocaïne, a été condamné à la peine la plus lourde. Un mandat d’arrêt international est décerné à son encontre.

 

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