Tentative de meurtre devant une pizzeria cayennaise : deux hommes jugés par la cour d'assises la semaine prochaine
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes
JUSTICE

Tentative de meurtre devant une pizzeria cayennaise : deux hommes jugés par la cour d'assises la semaine prochaine

G.T.

L'affaire devait être jugée en janvier dernier, mais avait été renvoyée après un incident à l'audience

Richard Bollers et Ryan Ragnauth, accusés de tentative de meurtre et de complicité de tentative de meurtre, seront jugés du 1er au 3 décembre par la cour d'assises de Cayenne. Ils sont accusés d'être impliqués dans une agression armée qui remonte au 14 août 2022.

Keloa-Sanders Belgarde et son père, Hérode, alors qu'ils s'apprêtaient à manger une pizza sur la route de Montabo, sont victimes d'un braquage et visés par des tirs d'arme à feu. Le jeune de 16 ans est touché dans le dos. L'arme s'enraye au moment où les agresseurs s'apprêtaient à tirer sur le père. Les assaillants prennent la fuite.

L'affaire avait fait la Une de France-Guyane en janvier

Gravement blessé, Keloa-Sanders est transporté par son père aux urgences. Par miracle, il en réchappe. Mais pas sans séquelles. La balle a touché son foie, son estomac, son rein et son pancréas. "Mon fils est un miraculé. Mais c'est un jeune qui souffre beaucoup de la situation. On lui a enlevé la moitié de l'estomac et du pancréas, ce qui lui a causé une anorexie", nous confiait Hérode il y a presque un an. 

 

Les deux accusés devaient être jugés en janvier

Le procès devait se dérouler en janvier dernier, mais il avait été reporté après un incident entre un avocat de la défense, Me Tshefu, et le président de la cour. L’audience avait pris une tournure conflictuelle lorsqu’un témoin avait été appelé à la barre. Entendu en audition libre par les enquêteurs au moment des faits, il avait livré des déclarations à charge contre les prévenus. Mais le témoin est revenu sur plusieurs de ses déclarations, affirmant avoir menti sous la contrainte des policiers. L’homme est considéré comme un proche des deux accusés.

Hérode (à droite) et son fils Keloa-Sanders, quelques heures avant l'attaque à l'arme à feu qui aurait pu leur coûter la vie.
Hérode (à droite) et son fils Keloa-Sanders, quelques heures avant l'attaque à l'arme à feu qui aurait pu leur coûter la vie. • Photo de la famille

 

Face à ce revirement, le président de séance a pointé l'incohérence des déclarations. Le magistrat lui a rappelé son témoignage à charge devant la police et s'est dit surpris par son volte-face. C'est à ce moment qu'Émile Tshefu a quitté la salle d'audience, manifestant son désaccord. Il expliquait alors avoir eu le sentiment que les droits de la défense n'étaient pas respectés. 

"J'ai failli perdre mon fils pour 37,50 euros"

Le renvoi avait suscité le mécontentement des parties civiles. "Je n'ai pas compris le motif du courroux de Maître Tshefu. On est surpris, un peu remontés. Il prend en otage la cour d'assises", indiquait alors Me Virginie Fettler, avocate de la famille Belgarde.  

L'affaire revient 11 mois plus tard devant la même juridiction. Me Tshefu ne figure plus au rôle de l'audience. Dans son témoignage, Hérode Belgarde réclamait la plus grande fermeté à l'égard des prévenus. "Si, sur ce genre de situation, la justice ne veut pas appliquer une peine exemplaire, personne n'est à l'abri. J'ai failli perdre mon fils pour 37,50 euros en espèces." Lui et sa famille disent souffrir de conséquences psychologiques et physiques depuis août 2022.

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger