Meurtre de Victorine : le Martiniquais Ludovic Bertin condamné à la perpétuité dans l'Hexagone
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Meurtre de Victorine : le Martiniquais Ludovic Bertin condamné à la perpétuité dans l'Hexagone

Amélie Herenstein, AFP
Le meurtrier, âgé de 29 ans, était jugé depuis deux semaines pour avoir étranglé et noyé la jeune fille de 18 ans, après avoir tenté de la violer, ainsi que pour une affaire distincte de viol sur une autre jeune femme, prénommée "Vicky", en 2018. Il a été reconnu coupable de tous les chefs d'accusation.
Le meurtrier, âgé de 29 ans, était jugé depuis deux semaines pour avoir étranglé et noyé la jeune fille de 18 ans, après avoir tenté de la violer, ainsi que pour une affaire distincte de viol sur une autre jeune femme, prénommée "Vicky", en 2018. Il a été reconnu coupable de tous les chefs d'accusation. • PHOTO SHUTTERSTOCK

Ludovic Bertin, d'origine martiniquaise, a été condamné vendredi par la cour d'assises de l'Isère à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de vingt ans, pour le meurtre précédé d'une tentative de viol de la jeune Victorine Dartois en 2020.

Le meurtrier, âgé de 29 ans, était jugé depuis deux semaines pour avoir étranglé et noyé la jeune fille de 18 ans, après avoir tenté de la violer, ainsi que pour une affaire distincte de viol sur une autre jeune femme, prénommée "Vicky", en 2018. Il a été reconnu coupable de tous les chefs d'accusation.

Au moment de l'énoncé du verdict dans une salle d'audience comble, Ludovic Bertin regardait fixement la présidente de la cour, la mâchoire contractée. Il s'est ensuite longuement entretenu avec son avocat, Me Arnaud Adelise.

L'avocate générale Françoise Benezech avait requis jeudi la perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 25 ans, estimant que l'accusé avait suivi un "scénario soigneusement calculé", "agissant sur un mode de prédateur".

Il cherchait une "proie à violer", avait-elle lancé, ce que Ludovic Bertin a toujours nié depuis le début de l'enquête, alors qu'il avait en revanche rapidement reconnu le meurtre.

"Oui, c'est un meurtrier !", avait rétorqué l'avocat de l'accusé, Me Arnaud Adelise, tout en insistant sur l'absence de preuves de la tentative du viol. Dénonçant la "charge émotionnelle qui pèse sur ce dossier", il a appelé les jurés à s'en tenir "au Droit".

Victorine Dartois, étudiante en BTS communication, avait disparu le 26 septembre 2020 alors qu'elle rentrait à pied au domicile familial à Villefontaine, à une trentaine de kilomètres au sud-est de Lyon, après un après-midi de shopping avec des amies.

Son corps avait été retrouvé dans un ruisseau moins de 48 heures plus tard, son jean abandonné à proximité. L'autopsie avait établi qu'elle avait été étranglée et noyée.

"Des moins que rien" 

La disparition et la mort de la jeune fille avaient provoqué une forte émotion à Villefontaine et alentour. Près de 6.000 personnes lui avaient rendu hommage lors d'une marche blanche le 4 octobre 2020.

Interpellé trois semaines plus tard à la suite d'une dénonciation par son meilleur ami, Ludovic Bertin, qui avait déjà une dizaine de condamnations à son casier judiciaire, avait reconnu le meurtre de Victorine.

Il a en revanche toujours farouchement nié avoir tenté de la violer, justifiant son geste par une "dispute" lors de leur rencontre fortuite et par des troubles liés à son addiction à la cocaïne.

Invité à prendre la parole une dernière fois devant la cour d'assises de l'Isère vendredi matin, l'accusé avait présenté ses "excuses", reconnaissant avoir "fait beaucoup souffrir" la famille de la victime de 18 ans, et insisté sur le "travail" sur lui-même qu'il mène en prison avec des psychologues.

Ces regrets n'ont pas convaincu les parents et enfants Dartois, assis au premier rang dans la salle d'audience.

"Depuis le début, c'est creux, en fait. Il n'y a aucune once de regret", a réagi la mère de Victorine, Sylvie, qualifiant l'accusé de "menteur".

"Cet homme est très violent. On l'a vu depuis le début. Il était violent avec ma fille, avec la jeune fille qui est venue témoigner avant, de ce qu'il lui a fait. Avec toutes les femmes, de toute façon. Les femmes, pour lui, sont des moins que rien, en fait", a-t-elle poursuivi, serrant entre ses mains une image religieuse.

Durant son procès, Ludovic Bertin avait reconnu des failles dans sa personnalité, admettant avoir "toujours eu un pied dans le bien et un pied dans le mal" et commis un acte "indescriptible".

Issu d'un milieu modeste, avant-dernier d'une fratrie de sept enfants de quatre pères différents résidant dans un hameau rural du Nord de l'Isère, Ludovic Bertin était sorti sans diplôme du système scolaire avant de se mettre en ménage avec son amour de jeunesse, dont il est aujourd'hui divorcé et a un fils âgé de cinq ans. Si son ex-femme l'a dépeint comme violent et infidèle, lui s'est toutefois catégoriquement défendu d'être "un dealer" ou "un violeur".

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