Maduro privé d'avocat ? Washington bloque le paiement des honoraires
L'avocat de Nicolás Maduro, poursuivi pour trafic de drogue à New York, révèle que les autorités américaines ont bloqué le paiement de ses honoraires par Caracas, malgré une autorisation initialement accordée.
C'est un document judiciaire rendu public mercredi 25 février qui jette un pavé dans la mare. Dans un courrier daté du 20 février adressé au juge Alvin Hellerstein, l'avocat Barry Pollack, qui défend Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores, expose une situation pour le moins ubuesque. Tout commence par une demande d'autorisation spéciale auprès du Trésor américain. Objectif : pouvoir être réglé de ses honoraires par les autorités vénézuéliennes, placées sous sanctions. Le 9 janvier, l'Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) donne son feu vert, pour les deux époux. Barry Pollack peut enfin espérer être payé pour assurer la défense de ses clients. Mais quelques heures plus tard, sans la moindre explication, l'autorisation est révoquée. Uniquement pour Nicolás Maduro. Son épouse, elle, conserve le bénéfice du feu vert initial. Un deux poids, deux mesures qui laisse l'avocat perplexe et furieux.
"Un obstacle au droit constitutionnel à être représenté"
Dans son courrier au juge, Barry Pollack ne mâche pas ses mots. Il dénonce une situation qui, selon lui, porte atteinte aux droits fondamentaux de son client. "En refusant d'autoriser le gouvernement vénézuélien à payer les frais de défense de Monsieur Maduro, l'OFAC fait obstacle à sa capacité à s'assurer les services d'un avocat et par conséquent, à son droit constitutionnel, garanti par le sixième amendement à être représenté par l'avocat de son choix", écrit le défenseur. Une mise en cause directe de l'administration américaine, accusée de priver l'ancien président des moyens de sa défense.
Pour l'instant, Barry Pollack indique ne pas solliciter d'initiative de la part du juge. Il dit vouloir simplement l'informer de la situation. Mais le ton est clair : si l'OFAC ne fait pas machine arrière, la défense passera à l'offensive. "Si l'OFAC ne donne pas suite à la demande de rétablissement de l'autorisation initiale, ou la rejette, Nicolas Maduro déposera, dans les prochains jours, une motion formelle afin de solliciter l'intervention du tribunal", prévient l'avocat. Une menace qui pourrait contraindre la justice américaine à se prononcer sur la compatibilité des sanctions avec l'exercice des droits de la défense.
Maduro et son épouse incarcérés à Brooklyn depuis janvier
Pour rappel, Nicolás Maduro, 63 ans, et son épouse Cilia Flores, 69 ans, ont été capturés à Caracas début janvier lors d'une opération militaire américaine surprise. Emmenés de force aux États-Unis, ils ont été formellement inculpés pour trafic de drogue par un tribunal de Manhattan et incarcérés dans une prison fédérale de Brooklyn. Leur prochaine comparution est fixée au 26 mars prochain. D'ici là, la question de la rémunération de leur avocat pourrait bien devenir un nouveau champ de bataille juridique entre la défense et l'administration américaine.

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