30 ans de prison requis contre le principal suspect du meurtre d’Hélène Tarcy-Cétout
La cour d’assises juge en ce moment Esly Pansa
Le Parquet a requis 30 ans de prison pour le meurtre d’Hélène Tarcy-Cétout, commis le 8 avril 2024 et dont le décès avait ému la Guyane il y a plus de deux ans.
L'avocate générale, Caroline Tharot, s'explique : "Il reste un long chemin à parcourir pour Esly Pansa (le suspect NDLR). Il lui reste un travail à réaliser sur la gravité des faits. Un travail à réaliser sur comment il envisage le reste de sa vie."
La 2e matinée de ce procès a été marquée par l’audition de l’accusé, un marginal de 34 ans. « Pour ce que j’ai fait, je demande pardon à la famille Tarcy », affirme-t-il alors qu’une grande partie des proches de la victime scrutent ses déclarations. Le mari, Judicaël Tarcy, est lui sorti de la salle.
« Je voulais arracher le sac, elle ne m’a pas laissé, et je l’ai poignardé », explique l’accusé. « J’ai pris la fuite quand j’ai vu le sang couler partout. J’ai eu peur. » Esly Pansa affirme qu’il ne voulait pas tuer la pharmacienne de 34 ans.
Le suspect, célibataire, sans enfant, marqué par une absence de lien avec sa famille a connu un parcours heurté, marqué par la précarité, la dépendance au cannabis et onze condamnations.
L’avocate générale, Caroline Tharot a affirmé au cours de ses réquisitions : « Il ne faut pas en faire le procès de la criminalité à Saint-Laurent. Esly Pansa n’a pas poignardé pour tuer. Il a poignardé pour dérober le téléphone de la victime. Hélène Tarcy-Cétout a eu le malheur de croiser le chemin de M. Pansa. »
Une déclaration en réponse à la prise de parole de Me Corinne Boulogne Yang Ting, l’une des avocates des parties civiles. La robe noire a décrit « un homme déterminé. Il a choisi sa proie. Il a choisi une personne occupée, inattentive, une femme. Il est constant en disant qu’il ne voulait pas tuer. Mais pour moi, les faits disent l’inverse. » L’avocate a pris pour exemple l’acharnement démontré par les quatre coups de couteau.
L’absence d’un mobile du crime alors que la famille cherche des réponses est marquante dans cette affaire. Me Clémence Jouan, autre avocate des parties civile évoque un « crime odieux, gratuit, sans contexte. » La représentante du Parquet relève aussi : « Il y a beaucoup de questions, mais assez peu de réponses. »
Comme le suggérait la présidente de la cour, Béatrice Almendros, dès le premier jour, il se peut que la victime se trouvait malheureusement « au mauvais endroit au mauvais moment. »
Le procès se poursuit avec la plaidoirie de la défense. La cour se retirera ensuite avant de prononcer son délibéré.
Plus à suivre...

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