Ukraine : une frappe russe contre deux bus fait au moins 30 morts dans l'est
Au moins 30 personnes ont été tuées jeudi dans une frappe russe ayant touché deux bus à Kramatorsk, une ville-clé située sur le front dans l'est de l'Ukraine, l'une des attaques les plus meurtrières de ces dernières semaines à laquelle Kiev a promis une "réponse".
La veille, des frappes russes avaient déjà fait 30 morts dans tout le pays, dont 22 dans un même immeuble d'habitation à Prylouky (nord), éventré par un missile.
L'Ukraine est confrontée depuis l'été à une nette intensification des bombardements russes, tandis que la situation militaire n'évolue guère sur le front et que les efforts diplomatiques sont au point mort. A cet égard, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a jugé jeudi "l'impasse" actuelle dans le conflit "très dangereuse".
Dans la matinée, une bombe planante russe a touché deux bus en service et un immeuble résidentiel dans une rue de Kramatorsk, selon les autorités de cette ville, l'une des deux dernières d'importance encore sous contrôle ukrainien dans le Donbass.
Au moins 30 personnes ont été tuées et 18 blessées dans cette attaque, un bilan qui peut encore s'alourdir selon Volodymyr Zelensky car "les médecins se battent pour sauver des vies".
Le chef de l'Etat ukrainien a promis que cette attaque ne resterait "pas sans réponse" et accusé la Russie de tenter de "détruire toute vie dans le Donbass", le grand bassin minier de l'est de l'Ukraine dont Moscou revendique l'annexion sans en contrôler l'intégralité.
D'autres bombardements russes ont aussi fait trois morts dans un village près de Kramatorsk et deux dans la région de Dnipropetrovsk (centre-est). En Russie, une personne a péri dans la région de Moscou et une autre dans celle de Koursk (ouest) au cours d'attaques ukrainiennes.
Kiev en mode "survie"
Dans l'est de Ukraine, le gouverneur régional Vadym Filachkine a annoncé la suspension du fonctionnement des transports publics à Kramatorsk, ainsi que dans la ville voisine de Sloviansk, en raison de la "nette détérioration de la situation sécuritaire".
Des images diffusées par le parquet ukrainien, qui a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire pour "crime de guerre", montrent un bus calciné et des corps floutés gisant au sol.
Visée à répétition ces dernières semaines, Kiev a de nouveau été prise pour cible jeudi. Des attaques russes y ont fait trois morts et 14 blessés, selon son maire Vitali Klitschko.
M. Klitschko a affirmé dans un entretien avec l'AFP que les frappes russes avaient forcé la capitale à basculer en mode "survie" à l'approche de l'hiver, une période redoutée après les rudes mois de 2025, lorsque le réseau énergétique ukrainien avait été dévasté par l'armée russe.
Les attaques russes sur Kiev de ces derniers jours ont déjà entraîné des coupures d'eau et d'électricité. Les journalistes de l'AFP ont à cet égard constaté le recours de certains commerces à des groupes électrogènes.
Le métro de la capitale a annoncé jeudi la suspension de la circulation de ses rames en raison de difficultés au niveau l'alimentation électrique.
"Chaque jour apporte de nouvelles informations sur des bâtiments détruits, des personnes blessées ou tragiquement tuées. Les bombardements sur notre ville s'intensifient", a regretté M. Klitschko.
Yandex visé
Parallèlement, l'Ukraine a accru ses attaques sur le territoire russe, où elle vise régulièrement des raffineries et des dépôts de pétrole ainsi que des entrepôts commerciaux. Elle s'en prend en outre à des navires circulant en mer Noire.
Pour la première fois jeudi, un drone ukrainien a atteint un centre de données du géant russe de la tech Yandex, dans la région de Riazan, a déclaré jeudi cette entreprise à l'AFP.
Yandex, surnommé le "Google russe", est le principal moteur de recherche en langue russe et est massivement utilisé pour des services tels que les taxis et les livraisons. Il est aussi dominant dans le monde russophone.
Sur fond d'escalade dans les frappes des deux côtés du front, les tractations diplomatiques reprises depuis peu par les Américains n'ont pas porté leurs fruits, malgré le déplacement en septembre à Kiev et à Moscou des émissaires de Donald Trump pour relancer les négociations.
"L'un des camps, ou les deux, vont intensifier ce qu'ils font pour tenter de briser l'adversaire et mettre fin à l'impasse", a estimé jeudi Marco Rubio.
Selon lui, ce blocage peut déboucher soit "sur un règlement négocié, dans lequel chaque camp doit renoncer à quelque chose pour obtenir la paix", soit sur "une escalade" qui "pourrait finir par prendre la forme d'une campagne de sabotage dans des pays voisins qui sont membres de l'Otan".
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