Trafic de cocaïne : l'ancien élu guyanais Ferdinand Boisrond jugé la semaine prochaine aux côtés de son "clan familial"
Un procès de grande ampleur s'ouvre au Mans la semaine prochaine. Seize prévenus, suspectés d'appartenir à un important réseau de trafic de cocaïne entre la Guyane et l'hexagone, seront jugés. Parmi eux figure l'ancien élu à la jeunesse de Saint-Laurent, Ferdinand Boisrond.
C'est un procès d'une ampleur peu commune qui s'ouvre au Mans, dans la Sarthe, la semaine prochaine. À partir du 20 novembre, et pendant au moins sept jours, seize prévenus vont comparaitre dans le cadre d'un important trafic de cocaïne entre la Guyane et l'hexagone.
Ce réseau avait été démantelé en 2022 à la suite de différents coups de filet où près de 30 personnes avaient été interpellées. 21 d'entre elles ont été mises en examen, selon Ouest-France. Toutes étant suspectées d'appartenir à " un réseau criminel structuré, spécialisé dans le transport de cocaïne sous forme d'ovules véhiculés in corpore, mais aussi dans la revente de cette même substance ", présentait à l'époque Delphine Dewailly, procureure de la République du Mans. Le parquet du Mans avait également considéré l'année dernière qu'il s'agit d'un "clan familial."
L'élu guyanais tiendrait un "rôle majeur" et est déjà passé aux aveux
Ferdinand Boisrond, ancien élu à la jeunesse de Saint-Laurent-du-Maroni, figure parmi les prévenus. Arrêté à sa descente d'avion à l'aéroport d'Orly, le 17 mars 2022, l'adjoint se trouve en détention provisoire depuis.
Lors d'une audience devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Angers, Ferdinand Boisrond avait même reconnu avoir transporté de la cocaïne in corpore, et ce, à plusieurs reprises. "Mon but, c'était de le faire une ou deux fois pour acheter un camion... Pour pouvoir bénéficier des aides, il faut un apport personnel." L'entreprise de transport de cet adjoint apprécié venait, en effet, d'être liquidée.
Au cours de cette audience, l'avocat général avait estimé à son sujet : " Il est certain qu'il tient un rôle majeur dans ce trafic " tandis que le président avait affirmé "Vous vous situez au-delà du rôle de mule dans l'organisation." Bien qu'il soit passé partiellement aux aveux, tant qu'il n'a pas été jugé, l'élu reste présumé innocent.
Un clan qui aurait recruté ses propres enfants
Plus de 6 kg de cocaïne, près de 35 000 euros en liquide et des armes ont été saisies depuis le début des investigations. Au moins plusieurs dizaines de voyages, parfois menés sous la contrainte, auraient été organisés entre 2021 et 2022 par le clan.
Dans un communiqué, la procureure de la république du Mans, explique encore qu'une mère de famille a été identifiée comme "organisatrice" du trafic, et ayant "recruté" ses propres enfants – parfois mineurs – en tant que "mules."
Parmi les seize individus qui seront jugés, quinze comparaîtront devant le tribunal correctionnel du Mans. "Le 16e fait l'objet d'un mandat d'arrêt et n'a pas été localisé", ajoute la procureure de la République, qui indique que quatre autres personnes mises en examen, "dont l'implication est moindre, font également l'objet de poursuites selon la voie de la CRPC (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité)." Enfin, une autre personne mise en examen, mineure au moment des faits, sera quant à elle jugée devant le tribunal pour enfants.
Les prévenus sont âges de 19 à 54 et sont pour la quasi-totalité nées en Guyane ou au Suriname.

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