Suriname : les pompiers de Guyane sur le site de l'effondrement minier
D’une grande réactivité, le Sdis 973 dans un élan de solidarité, s’est rendu immédiatement au Suriname pour apporter son aide à la catastrophe minière. Face à la dangerosité du site, les équipes restent malgré tout en attente de mener les opérations de déblayage.
Alertée en fin d’après-midi, lundi, par les services de l’ambassade France au Suriname, la préfecture de Guyane a mis en alerte les services du Sdis 973 (Service départemental d'incendie et de secours de Guyane), qui possède une unité de secours spécialisée pour les éboulements. Dans l’attente que la demande formelle d’intervention par l'État du Suriname soit communiquée, les secours s’organisaient pour préparer leur déplacement et leur intervention, dans un climat de réactivité remarquable.
Les Forces Armées Guyane ont, tout de suite, proposé leur aide et mis à disposition un avion Casa pour un vol direct de nuit sur l’aéroport international de Zanderij. Cette aide logistique était déterminante pour acheminer hommes et matériel sur place rapidement dans une situation où les heures comptent.
Le feu vert des autorités surinamaises déclencha dans la nuit l’opération et le Casa décolla avec à son bord les pompiers spécialisés, un infirmier et un médecin, ainsi que tout le matériel nécessaire au sauvetage.
Arrivés à l’aéroport, l’équipe de secours a été accueillie par l’ambassadeur de France et son attaché de défense, qui ont coordonné toute la nuit le débarquement des secours et la liaison avec les autorités locales, pour qu’aux premières heures du jour, les secours puissent être dans le périmètre proche du drame minier.
L’accès au site qui est éloignée et compliquée d’accès se fera finalement le mardi après-midi, avec les moyens lourds nécessaires. Le camion transportant le matériel a dû rester 500 mètres en contrebas et tout fût acheminé à dos d’homme. Pour arriver sur les lieux, l’équipe de sauvetage traversera un village de fortune où sont installés les orpailleurs illégaux qui travaillent en pillant les abords du site de Rosebel.
La zone du sinistre est une montagne où des excavations industrielles ont été pratiquées pour découvrir les filons. Contrairement aux premières informations données, il ne s’agit pas d’un effondrement de galerie, mais d’un pan de falaise qui s’est éboulé sous l’action de déblaiement des chercheurs d’or. La façade est haute de plus de 100 mètres et longue de plusieurs centaines. Le spectacle est dantesque, avec sa montagne de latérite labourée par les excavations, le vent qui souffle en bourrasque levant une poussière aveuglante et les orpailleurs locaux qui s’affairent à essayer de sortir les corps enfouis de leurs infortunés compagnons inanimés.
La concertation est menée avec les membres des équipes de secours et les autorités. La falaise risque de s’ébouler à nouveau à tout moment, les conditions d’une intervention de déblaiement sécurisée ne sont pas réunies. Le bilan s’élève déjà à 14 victimes et il y aurait encore quatre disparus à déplorer, selon les dires des locaux sur place.
En attendant l’arrivée de matériel de dégagement spécialisé, il est dangereux d’intervenir. Décision est donc prise, en accord avec les autorités, de baliser le site pour éviter un sur-accident.
Le détachement évacue vers la base vie de l’opérateur minier Zijin. Les pompiers restent en attente des décisions des autorités locales, de l’opérateur Zijin et de la synchronisation des moyens pour continuer à tenter de déblayer le lieu de la catastrophe.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, les équipes sont en attente d’intervention.

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