Lanis, huit ans, a été placé provisoirement dans un foyer pour mineurs (DR)
L'enfant de six ans, retrouvé sur la RN2 mardi, en a en fait huit. Son père, puis sa mère, qui sont séparés, se sont manifestés hier, auprès de la gendarmerie de Matoury. Mais le garçon a été placé en foyer. Provisoirement.
C'est une histoire plus courante qu'on ne le croit. « Surtout à Kourou et Saint-Laurent » , nous a indiqué le capitaine Stéphan Basso, commandant en second de la compagnie de gendarmerie de Matoury.
Lanis, huit ans, a été trouvé errant sur la RN2, mardi, à Matoury, quartier Maya. Il a été pris en charge par un automobiliste, qui l'a remis aux gendarmes de la commune. Le garçon disait avoir été abandonné par sa tante. « En réalité, c'est sa belle-mère qui l'aurait abandonné » , précise le capitaine. Il était couvert de petites blessures.
LA MÈRE RÉCLAME SON FILS
Hier matin, le père de Lanis, de nationalité surinamaise, s'est présenté à la compagnie de Matoury, souhaitant récupérer son enfant. Les gendarmes n'ont pu accéder à cette demande, compte tenu de la suspicion d'abandon. D'ailleurs, une procédure pourrait être engagée à l'encontre du père, et de sa compagne, du fait de cet abandon possible.
Quelques heures plus tard, c'est la mère de Lanis qui s'est manifestée, alors qu'on la croyait au Suriname depuis plusieurs années. « En fait, elle réside à Saint-Laurent, indique le capitaine Basso. Elle est venue à la gendarmerie pour, elle aussi, demander à reprendre son fils » . Mais l'enfant n'a pu lui être remis non plus. Compte tenu de la complexité de cette affaire, le procureur de la république a en effet décidé le placement provisoire de Lanis dans un foyer pour mineurs. « Le dossier sera transmis à un juge qui décidera de son placement définitif au sein d'une famille d'accueil » , poursuit Stéphan Basso.
Là où les choses se compliquent encore, c'est que Lanis a un frère plus jeune (cinq ans). Pour le moment, il a été laissé à son père. Mais une procédure devrait être ouverte, pouvant aboutir, là aussi, à un placement.
Les gendarmes de Kourou et Saint-Laurent sont donc régulièrement confrontés à ces abandons d'enfants. Des mineurs, très jeunes, confiés à la famille voire à un voisin, parce que le parent part dans une autre commune pour chercher du travail, ou retourne au Surinam. Et assez souvent, ils ne reviennent pas, mettant la personne ou la famille d'accueil provisoire dans une situation délicate.
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