Certains producteurs ne se sentent pas en sécurité au marché, surtout lorsqu'ils s'installent, en pleine nuit, et quand ils remballent leur matériel, vers 14 heures. (TF)
Les récentes agressions relevées au petit matin à Cayenne lors de l'installation des producteurs provoquent chez ces derniers quelques inquiétudes, à tel point que certains réclament des mesures de sécurité supplémentaires.
Ils sont loin de nourrir une psychose. Néanmoins, les agriculteurs qui vendent leur production sur le marché de Cayenne ne cachent pas ressentir une certaine inquiétude. Toutefois, celle-ci ne résulte pas nécessairement de la violente agression dont a été victime un producteur hmong le vendredi 29 novembre. Cet homme âgé de 45 ans avait été braqué par trois hommes casqués vers 2 heures du matin alors qu'il installait ses étals. A en croire quelques agriculteurs interrogés samedi matin, leur relatif sentiment de crainte est bien plus ancien. Et la peur d'un braquage n'en est pas forcément la cause.
Vendredi, la rumeur d'une marche des producteurs dans les rues de Cayenne s'est discrètement répandue. Sans, toutefois, qu'elle ait pu être confirmée. Néanmoins, Alain affirme qu'il « aimerait bien voir ça » . Installé à Matiti, il appartient à la nouvelle génération d'agriculteurs hmongs. « La relève » , comme il le précise. Sur le marché, il redoute surtout les « crackés » agressifs et, vers 14 heures, le moment « où il arrive que les gars devant les chinois soient pleins (saouls) et que ça éclate en bagarre » . Son objectif est donc de ne pas remballer son matériel trop tard.
Mais pour lui, ce sont les agriculteurs installés sous la grande coupole qui sont dans la position la moins agréable. « Il y a quelques années, les gens se battaient pour y être, ce qui n'est plus le cas » , assure-t-il. Un constat que partage Usman, venu de Mana. Sous la coupole, à l'extrémité qui fait face aux deux bars de la place Mentel, son étal est déjà presque vide. « C'est dangereux ici la nuit, explique-t-il. Quand on arrive entre 2 et 3 heures du matin, il y a souvent des jeunes qui occupent l'endroit, avec des bouteilles d'alcool. On a besoin de la place, mais on a peur de leur demander de partir et que ça se passe mal. » Selon lui, il serait préférable que « la police soit là » quand les producteurs s'installent.
Vichith, qui est présent sur le marché depuis vingt ans, craint les semaines qui précèdent les fêtes. « On a remarqué que c'est là qu'on se fait braquer, précise-t-il. A 2 ou 3 heures du matin, on ne sait pas ce qui peut vous arriver. On n'a pas encore de recette, mais on peut quand même se faire braquer. Juste pour son portable. Mais vers 14 heures ça peut être plus dangereux. Parce qu'on a la recette du jour. C'est ce qui m'est arrivé en 2005. » Il affirme qu'avec des « tournées » de police en plus, il se sentirait plus en sécurité.
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