Reprise des cours à Auguste-Dédé, Gabriel Serville condamne des propos racistes
Le président de la CTG dénonce les propos racistes qui auraient été tenus par un élève dans le collège
Les cours reprennent ce 1er octobre au collège Auguste-Dédé, à Rémire-Montjoly. Les enseignants de l'établissement étaient en grève depuis le début de la semaine pour montrer leur soutien à la cheffe d'établissement. Celle-ci a été convoquée en gendarmerie le 26 septembre à la suite d'une plainte déposée par un parent pour harcèlement.
Les parents n'ont pas apprécié que leur enfant ait dû rédiger une punition alors que le reste de sa classe était en sortie.
L'élève en question aurait tenu des propos racistes envers un autre jeune dans le collège. Les parents auraient soutenu leur enfant sans accepter qu'il présente ses excuses.
Un courrier de l'équipe éducative transmis aux parents indique : "Il est inadmissible et illégal que des parents utilisent de leur statut pour intimider le personnel. Les enfants de ces parents, conscients de cette dynamique, en profitent pour reproduire ce schéma envers leurs camarades." Un des parents serait en effet policier.
Gabriel Serville, président de la Collectivité territoriale de Guyane condamne "avec la plus grande fermeté" les propos racistes qui auraient été tenus. "Affirmer que 'les Noirs doivent retourner dans les champs de coton' est d’une gravité inacceptable. Ces paroles offensent notre mémoire collective, heurtent la dignité des élèves et bafouent les valeurs qui fondent notre société."
Le 30 septembre, les syndicats de direction ont exprimé leur soutien à la cheffe d'établissement d'Auguste-Dédé. "L'exercice de ses missions, essentielles à la sécurité, à l'organisation et au bon fonctionnement de l'établissement, s'inscrit strictement dans le cadre légal. Ces responsabilités, lourdes et parfois sources de tensions, ne sauraient justifier une remise en cause injuste ou infondée", écrit l'intersyndicale.
"C'est un élément déclencheur dans un contexte plus large dans lequel certains parents pensent avoir tous les droits. Ils remettent toujours en cause les enseignants, les menacent et soutiennent leurs enfants coûte que coûte", explique Denys Oltra, enseignant et délégué FSU Guyane. "Dans certaines classes, des collègues n'osent plus faire quoi que ce soit de peur que les parents interviennent", poursuit-il.
Le recteur s'est entretenu avec l'équipe éducative en fin de journée mardi. L'académie de Guyane indique qu'"à l'heure actuelle, l'objectif est de rassurer et d'apaiser le climat scolaire au sein de l'établissement. L'établissement a traité ce sujet et fera ce qu'il estimera nécessaire par la suite." Aucune enquête administrative n'a été ouverte à l'encontre de la directrice pour l'heure. Elle est encore en arrêt ce 1er octobre.
Le président de la CTG demande de son côté que "des mesures claires soient prises."

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