Mi-novembre, les premiers cas de chikungunya étaient identifiés à Saint-Martin. Un mois plus tard, on décelait le premier importé en Guyane puis les premiers cas autochtones apparaissaient en février. Cinq mois plus tard, six personnes sont mortes aux Antilles.
GUYANE
.Depuis le premier cas importé, en février, on enregistre 46 cas confirmés ou probables, dont 30 cas autochtones. La moitié sont localisés à Kourou, principal foyer de transmission. Un autre foyer a été identifié à Matoury. Des cas autochtones ont aussi été répertoriés à Cayenne, Rémire et Macouria. Pour l'heure, seuls quatre patients ont dû être hospitalisés plus de 24 heures mais ils ne présentaient pas de forme sévère de la maladie. Des nouveaux patients sont recensés chaque semaine. La Guyane reste en phase 2 du plan Psage (transmission autochtone modérée).
MARTINIQUE
Depuis mi-décembre, deux personnes porteuses du chikungunya sont décédées en Martinique où on enregistre 1 473 cas confirmés et plus de 16 000 cas évocateurs. 336 personnes ont été hospitalisées dont 21 souffrant d'une forme sévère de la maladie. Malgré l'arrivée de la saison sèche sur l'île, généralement synonyme de raréfaction du moustique vecteur de la maladie, l'épidémie ne semble pas faiblir et la Martinique reste en phase 3A du plan Psage (épidémie avérée avec chaîne locale de transmission).
GUADELOUPE
Un décès est à déplorer chez un porteur du chikungunya en Guadeloupe où on compte quasiment quatre fois moins de cas évocateurs qu'en Martinique (4 710) mais presqu'autant de cas confirmés ou probables : 1 26133 patients ont été hospitalisés dont quatre atteints d'une forme sévère de la maladie, quinze cas restent encore à classer. Le nombre de cas confirmés a fortement augmenté en début de mois et la Guadeloupe a été placée en phase 3A du plan Psage le 10 avril (épidémie avérée avec chaîne locale de transmission).
SAINT-MARTIN & SAINT-BARTHÉLEMY
À Saint-Martin, on compte 793 cas confirmés ou probables. 30 patients ont été hospitalisés plus de 24 heures dont quatre pour une forme sévère. Trois décès liés au chikungunya sont à déplorer. L'île est toujours en phase 3B du Psage mais « l'intensité de la circulation virale semble toutefois diminuer » , note la Cire.
À Saint-Barthélémy, on dénombre 135 cas confirmés ou probables, mais aucun cas confirmé depuis mi-mars. Les indicateurs épidémiologiques semblent démontrer un ralentissement de l'épidémie malgré une circulation qui persiste.
AILLEURS DANS LA CARAÏBE
Depuis le mois de décembre, des cas autochtones confirmés ont été répertoriés dans six autres territoires caribéens. À ce jour, le dernier touché est la République Dominicaine où l'épidémie a été officiellement reconnue le 5 avril avec 17 cas confirmés dans la province de San Cristobal. Sint Maarten avec 123 cas et la Dominique avec 98 cas sont les îles les plus touchées. Sont également concernés les îles Vierges britanniques, Anguilla et Saint Kitts et Nevis. Des cas importés ont été enregistrés à Aruba et à Sainte-Lucie.
Il n'y a pas que le vecteur qui soit commun à la dengue et au chikungunya. Les symptômes aussi se ressemblent. Pour le chik, ils se caractérisent par l'apparition soudaine de fièvre, des douleurs articulaires, en particulier aux poignets, chevilles et doigts, des maux de tête et des courbatures. Dans la majorité des cas, bien prise en charge la maladie évolue rapidement favorablement, mais des formes graves peuvent survenir, entraînant une forme chronique avec des douleurs articulaires persistantes.
Même vecteur et même prévention que pour la dengue
Avec l'arrivée de la saison des pluies, les gîtes larvaires vont se développer, favorisant la reproduction du moustique vecteur du chikungunya, l'aedes aegypti qui est aussi vecteur de la dengue. Moustiquaire, manches longues, répulsifs et insecticides sont bien sûr de rigueur pour éviter les piqûres.
Mais pour éviter le développement des larves, il est conseillé de vider régulièrement les récipients d'eau stagnante tels que les soucoupes sous les pots de fleurs et autres récipients conservés à l'abri, mais aussi les pneus conservés à l'extérieur.
Contrairement aux idées reçues, les fossés, canaux et autres fontaines ne représentent pas un danger en matière de chik ou de dengue. Ce ne sont pas des gîtes larvaires pour aedes aegypti. En l'occurrence, c'est la pluie qui est notre alliée puisqu'elle y détruit les larves à qui il faut une semaine d'eau stagnante pour se développer.
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