Le terrain synthétique de Zéphir a été livré fin août. Utilisé par le collège Gérard-Holder et par la Ligue, il sera ouvert aux associations dès que la maison de gardien et les sanitaires auront été réalisés (KS)
Il a de l'allure, le terrain synthétique de Zéphir. Mais les jours de grand soleil, la chaleur se réverbère jusqu'à traverser les semelles des chaussures des enfants.
La rumeur paraissait un peu folle : le revêtement du terrain synthétique de Zéphir ne serait pas adapté aux pays équatoriaux, au point de brûler les pieds des collégiens qui l'utilisent. Alors nous sommes allés vérifier sur place.
Première surprise, la principale du collège Gérard-Holder décide d'en avoir elle aussi le coeur net. « Personne ne s'est plaint, affirme Béatrice Suchet. Le terrain est pourtant utilisé aussi par la Ligue de football (les Espoirs et les U15 s'y entraînent chaque semaine). S'il y avait eu un problème, j'en aurais été avertie. » Sur les quelques centaines de mètres qui séparent son bureau du terrain, elle explique même : « C'est génial d'avoir un tel équipement dans un collège. Ça change du champ de patates qui existait avant (sourire). » Le Conseil général a investi plus de 1,5 million d'euros dans ce projet.
La première impression est en effet excellente. Et donnerait presque envie de chausser les crampons. Spécialiste de la question, David Guillerez intervient. Professeur d'EPS au collège Gérard-Holder, l'homme est aussi le coordinateur de la section foot. Et il avoue d'emblée : « C'est un produit qui a été conçu en métropole et ici, on n'est pas dans un pays tempéré. Sous le revêtement, c'est un enrobé de bitume, comme un parking de supermarché. Alors aux heures de grand soleil, ça réverbère. » L'enseignant ne semble pourtant pas trop gêné par ce désagrément. « On pratique un maximum d'activités sur ce terrain, de l'ultimate frisbee à la course, en passant par le rugby et le football bien sûr.
C'est un bon outil, confortable et moins traumatisant qu'un gazon classique. Mais c'est surtout adapté au climat guyanais : la pluie est drainée tout de suite et il n'y a jamais de flaques. On pourrait même l'utiliser 24 heures sur 24. »
Mais les enfants, eux, qu'en pensent-ils vraiment ? Ridley, élève de 5e et grand amateur de foot (il joue défenseur droit dans son club), raconte : « C'est agréable de jouer sur un synthétique. Mais je préfère celui de Morne Coco (Rémire-Montjoly). Là-bas, il y a moins de boules en caoutchouc et du coup, ça chauffe moins. Ici, quand il y a du soleil, on sent la chaleur à travers la semelle de nos chaussures. » La rumeur était donc vraie. Mais la solution semble proche : une machine permettant d'homogénéiser le terrain constitué notamment de minuscules granulés devrait bientôt arriver en Guyane.
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