Vols habités depuis le CSG : le vœux de Macron
Le président donne 10 ans à la base kouroucienne pour se préparer
"Je veux voir dans dix ans, la première capsule européenne habitée décoller de Kourou avec à son bord des astronautes européens et d'autres nations." C'est ce qu'a déclaré le Président Macron lors du sommet international sur l'Espace, à Paris, il y a quelques jours. Le chef d'État français insiste sur la préférence européenne alors qu'elle perd du terrain dans la course spatiale : "L'Europe doit voler avec ses propres équipages ! Nous voulons qu'elle affirme son ambition sur les vols habités".
Ces déclarations font écho à un vœu exprimé il y a plus de trois ans par Thomas Pesquet en Guyane : "mon rêve en tant qu'astronaute, ce serait de faire du vol habité depuis Kourou [...] ça va nous demander un petit peu de travail, mais c'est une volonté que l'on a. C'est quelque chose dont techniquement, on serait capable. Cela pourrait aider à cristalliser une identité européenne."
L'annonce surprend les employés de la base. "Je pense à un coup de com' du Président Macron", réagit Jean-José Mathias, délégué syndical UTG au Centre spatial guyanais (CSG). "C'est mentir aux gens que d'expliquer qu'il y aura un vol habité depuis le CSG dans 10 ans. On en est très loin et on ne peut pas tout avoir", commente Christophe Dupuy, délégué syndical central CFE-CGC.
"Techniquement, Ariane 6 est capable"
Jusqu'à présent, les vols habités n'étaient pas une priorité de l'Agence spatiale européenne (ESA), qui s'appuyait sur les USA. "Techniquement, le lanceur Ariane 6 est tout à fait capable de faire du vol habité", affirme Christophe Bruneau, président exécutif d'ArianeGroup, début septembre. "Il faut à la fois pouvoir adapter le lanceur" pour qu'il puisse accueillir des astronautes, avec une configuration leur permettant d'interrompre leur mission en cas de danger, "ainsi que le pas de tir pour les mêmes raisons", a-t-il expliqué.
Dans son discours, Emmanuel Macron a aussi évoqué la mission spatiale qui emportera trois astronautes européens, dont Thomas Pesquet, vers la Station spatiale internationale en 2027, en partenariat avec l'entreprise américaine Vast et la Nasa. Ce même projet est décrié par une large partie des employés du Cnes en ce qu'il "soutient et finance le business model du tourisme spatial au détriment de l'écologie, de la science et de la souveraineté industrielle française." Sollicité sur le sujet, le Cnes n'a pas répondu à nos questions.

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