Marie-Laure Phinéra-Horth : « Le logement social en Guyane est menacé »
La baisse annoncée des crédits de la Ligne budgétaire unique fragilise un secteur déjà sous tension et alerte les acteurs du logement.
Marie-Laure Phinéra-Horth alerte sur une baisse de la LBU, cette semaine en Guyane.
La sénatrice exprime son inquiétude face à la diminution des crédits de la Ligne budgétaire unique (LBU), principal outil de financement du logement social en Outre-mer. « Cette perspective suscite de fortes préoccupations chez les bailleurs sociaux de Guyane », indique-t-elle.
Dans un territoire marqué par une croissance démographique soutenue et une pression constante sur le logement, les niveaux envisagés traduisent une baisse nette des moyens. La réduction atteindrait 60 % en Guyane, contre 40 % en Martinique et en Guadeloupe, ramenant les crédits à leur niveau de 2015. « Cette baisse remet en cause les efforts engagés ces dernières années pour répondre aux besoins », souligne la sénatrice.
Les conséquences attendues dépassent le seul champ du logement. Le secteur du bâtiment et des travaux publics, dépendant de la commande publique, se retrouve en première ligne. « Le risque de pertes d’emplois directs et indirects est élevé », prévient Marie-Laure Phinéra-Horth.
À terme, la production annuelle de logements pourrait chuter. Le seuil de 250 logements par an, jugé nécessaire pour répondre à la demande, ne serait plus atteint. Une perspective qui accentue un déficit déjà installé.
La Guyane cumule plusieurs facteurs de tension : une demande en hausse, un déficit structurel de logements sociaux et une part importante d’habitats informels ou insalubres. À cela s’ajoutent des besoins liés à la jeunesse de la population et à l’évolution des structures familiales.
Dans ce contexte, la LBU reste un levier central. Elle permet de financer la production de logements sociaux, de soutenir la résorption de l’habitat informel et d’améliorer les conditions de vie. « La LBU constitue un outil indispensable pour lutter contre l’habitat indigne », rappelle la sénatrice.
Face à ces enjeux, Marie-Laure Phinéra-Horth appelle l’État à revoir sa position. « Il est nécessaire de maintenir les crédits à la hauteur des besoins et de garantir une visibilité pluriannuelle », insiste-t-elle, en demandant une prise en compte des spécificités du territoire guyanais.

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