À Loyola, les photographes se réapproprient l'histoire à travers leurs objectifs
Réunis sur le site de l'habitation Loyola, des photographes amateurs et professionnels ont participé à un photowalk autour du thème " Mémoire et marronnage ", mêlant création artistique, transmission et travail de mémoire
"La communauté n'était pas aussi soudée à l'époque où j'ai commencé, donc on essaie de redonner un peu ce qu'on a pas eu", confie Dephano Abissoina. Il est l'un des organisateurs du "Photowalk" organisé ce 10 juin sur le sentier du Loyola à Rémire-Montjoly, une sorte de mayouri photographique.
"Le concept est simple", assure Gerno Odang, un autre organisateur du rendez-vous, "les photographes se rassemblent et chacun essaie de s'accaparer la thématique du jour 'Mémoire et marronnage'." Un thème en lien avec la journée de la commémoration de l'abolition de l'esclavage en Guyane.
Dephano guide Lionel, un jeune photographe amateur qui vient d'acheter son matériel. Il cherche à perfectionner son utilisation de certains réglages comme l'ISO et l'ouverture. "Je débute, je vois encore les bases. Mais j'ai déjà un intérêt photographique pour les gens", affirme Lionel.
"S'approprier le lieu et l'interpréter"
Le lieu de cette rencontre, l'habitation Loyola, ancienne plantation coloniale, n'a pas été choisie par hasard. "C'est important de venir partager un moment autour de la mémoire de l'esclavage. Ça nous permet de relier l'histoire au présent", estime Steve, venu profiter du moment.
"Ça permet aux photographes de s'approprier le lieu et de l'interpréter avec leur vision personnelle", ajoute Gerno Odang. Il tient à ces rencontres : "C'est le partage et la transmission. Cela crée des opportunités et des connexions entre les modèles et les photographes pour de futurs projets, mais cela participe aussi à la culture et à la mémoire du territoire."
"Chacun a un message différent à faire passer"
Desty, autre photographe professionnel, confirme : "Le but, c'est de partager. D'apprendre de chacun. Chacun a un message différent à faire passer."
Jean-Roody monte les marches avec un modèle photographique venu pour l'occasion. Il la positionne pour son shoot. Ils discutent ensemble de leur vision artistique : "On essaie de jouer avec les arbres, de jouer avec les éléments pour voir ce que ça donne", commente-t-il.
Dephano continue d'accompagner ceux qui demandent de l'aide. Il paraît fier de ce projet : "Pour moi, c'est un devoir en tant qu'artiste de faire perpétuer cette histoire et ce lieu pour que ça ne tombe jamais dans l'oubli."
D'autres "photowalk" seront organisés sur d'autres thèmes dans les prochains mois.

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