Live"Vous risquez d'allumer en Guyane quelque chose que vous ne maîtrisez pas"
Le débat a commencé dans le Palais Bourbon à 11h35
L'Assemblée nationale débat de la proposition de loi de Georges Patient visant à lever dans les territoires d’outre-mer l’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures. En bref, mettre fin à la loi Hulot dans les Outre-mers. Le débat a commencé dans le Palais Bourbon à 11h35.
"Un texte anachronique. On peut arrêter de consommer des hydrcarbures d'ici 2045. C'est crédible", décrit le minisrtre de l'économie, Roland Lescure. Il revient sur les avancées du plan bas carbone et qu'une telle loi remettrait en cause ces avancées sur le plan national et international.
"Je comprends cette proposition de loi au vu des enjeux du développement économique mais le pétrole n'est pas l'avenir car premièrement il n'y a pas de gisement. Des moyens colossaux en 1964, 1972 1976 et 2018 ont été mis en place en Guyane pour en trouver. Rien n'a été fait. Il faudrait attendre 20 ans pour le moindre forage. Donc l'urgence ne sera pas répondue avec un tel mirage d'argent qui tomberait depuis les bas fonds", tempère le ministre.
Il a mentionné l'avancement de la PPE (Programmation pluriannuelle de l'énergie) qui sera signé cette année, après sa présentation par le préfet en début d'année avec ... Trois ans de retard.
"La Guyane est déjà un modèle énergétique avec 75 % et devrait arriver à 100 % dans els prochaines années. Il y a des projets d'hydrogène et la centrale EDF en 2028 avec l'huile de Colza sera donc avec une énergie renouvelable. C'est ce modèle qu'on veut accompagner avec la biomasse, le solaire", assure Roland Lescure.
Jean-Victor Castor en tant que rapporteur de la PPL lui a répondu. "Je représente les Guyanais. Les politiues sont derrière cette PPL à l'unanimité : CTG, maires, parlementaires. Si on doit respecter la démocratie représentative, on doit entendre ce que dit ce territorie. J'interdis à quiconque ici de se dire plus spécialiste que moi sur la Guyane," tance le député guyanais.
"Vous dites que la France va s'interesser à la Guyane. Cela fait des années que vous le promettez sans aucune crédibilité, sans aucun résultat. jamais vous parlez du canal du Mozambique pour Mayotte et du plateau des Guyanes pour nous. Pourtant vous bénéficiez de ces explorations", remarque Jean-Victor Castor, membre du Mouvement de la décolonisation et de l'émancipation sociale (MDES).
"Si vous considérez qu'il n'y a rien pourquoi l'interdire ? Vous interdisez un mirage ? Chiche, levez l'interdiction et on verra ce qu'on verra avec une compétence de la CTG pour cette exploration", challenge le parlemantaire.
"Oiapoque était un village de 500 habitants, ils sont 40 000 aujourd'hui, 150000 dans quelques années. Le taux de suicide dépasse l'entendement chez les peuples autochtones. La paupérisation atteint des records avec plus de 23 % en quelques années en Guyane pour atteindre 53 % de la population", analyse-t-il.
"La discrimination prend son lit ici. Je suis en rupture avec l'hypocrisie de ce lieu. Qui a construti sa prospérité depusi deux cents ans ? Pas la Guyane. Les pauvres doivent rester verts.
Il existe une différence entre l'écologie et l'injustice. L'injustice c'est de nous demander de répondre à vos errements passés sans regarder notre région", pointe Davy Rymane, l'autre député guyanais.
"À trop respirer le rejet, j'ai le poumon perforé", scande Davy Rimane, qui reprend les paroles de Kerry James.
"C'est un instant de vérité que nous offre ce débat. La rélaité de la Guyane n'est pas une abstraction écologique mais un dysfonctionnement quotidien de notre république. Le droit de savoir est de trop. On importe 90 % de notre énergie. La question n'est pas hydrocarbures ou non mais voulons-nous reprendre un peu de souveraineté," persifle Matthieu Bloch, union des droites pour la République qui défend un amendement pour étendre cette PPL à l'ensemble du territoire français.
"Vous n'êtes pas climatosceptique, monsieur le rapporteur, mais les groupes qui soutiennent cette PPL le sont ainsi que les industriels Et notre désaccord est là. Si un industriel vous dit qu'il n'y a pas, il ne doit pas y avoir", prétend un député de LFI.
Julie Laernoes, écologiste et social qui a écrit la plupart des amendements prend la parole. "Ce débat est un contresens, ce texte est une démission éoclogique. On s'y oppose avec la plus grande fermeté. On doit stopper la consommation des énergies fossiles d'ici à quinze ans et ce texte propose exactement l'inverse. Ce exte est mirage délétère pour ces territoires. Les populations locales ne seront pas les bénéifciaires de cette exploitation pétrolière. Oui, je ne me suis jamais rendue en Guyane mais je suid député de la République de toute la République. Ce modèle est l'extractivisme. Je refuse que les Outre-mers soient réduits à des territoires où l'on viendra prendre nos ressources nécessaires. Tout le monde n'est pas d'accord avec vous en Guyane, monsieur Castor", conclut la député.
"Les rares pays qui nous ont suivis ne sont pas producteurs, après les accords de Paris. Les ressources naturelles sont les seuls leviers possibles car leurs marchés sont étroits.", critique Marie-Agnès Poussier-Winsback du groupe Horizons et indépendants, le groupe du candidat aux présidentielles Edouard Philippe.
"Lever l'interdiction ce n'est pas d'ouvrir la voie à l'exploitation; Ce n'est pas d'ouvrir une boîte de Pandorre. Nos objectifs ne seront pas trahis. Le pétrole représentera 12% de la consommation globale en 2050. Pourquoi priver les populations locales de cette manne", demande la députée qui votera en faveur de la PPL.
"C'est un cri de la dignité et de l'autonomie décisionnelle que j'entends de la part de nos députés ultramarins. Comment ne pas aller dans leur sens, sous le seul prétexte d'un dogme ?", reprend Laurent Mazaury, du groupe Liot qui a en son sein, une député mahoraise et deux députés guadeloupéens.
"Je choisis de faire confiance à ces territories à une économie du concret et donner du pouvoir à ceux qui vivent sur place. Elle rompt avec l'interdit jacobin. Elle ouvre la voie à un avenir choisi et non subi," s'enthousiasme le parlementaire Liot.
"Vous voulez décider pour nous et je dis attention à mes collègues écologistes. Avons-nous été consultés lors de la loi Hulot ? Attention à votre paternalisme, à votre manière de vous adresser aux élus guyanais. Qui va financer votre transition écologique en Guyane ? Nous n'avons pas de route ? Nous ne croyons plus aux promesses. Nous devons décider de notre développement économique endogène. Vous parlez d'écologie, que faites-vous des filets dérivants qui viennent de Corée, de partout et ravagent nos fonds sous-marins ? De l'orpaillage illégal qui tue ? Nous ne ferons jamais pire que vous qui avez détruit votre environnement en Europe", fustige Jean-Victor Castor.
"On donne l'impression aux Guyanais qu'on va règler des problèmes que l'exploration d'hydrocarbures ne va pas règler. Avec un développement, qui arrivera dans 20 ans. Les fonds marins ont tous été explorés. Débattons de l'orpaillage légal qui pourrait combattre l'illégal par exemple", rétorque Roland Lescure, le ministre.
"C'est faux. Jamais la direction générale de l'énergie et du climat a fourni les documents liés à l'exploration des hydrocarbures à la CTG. Vous parlez de cartes jamais publiées. Moi, j'ai vu d'autres cartes qui disent que nous avons le même sol que tout le plateau des Guyanes. Par ailleurs, vous savez que nous ne recevons pas un euro de notre forêt qui compense vos dépenses carbones", contrecarre Jean-Victor Castor.
"Tout vous glisse dessus. On vient vous expliquez nos réalités et vous n'écoutez pas. On parle de vies humaines et vous montrez votre dogme comme un totème. Y aura un lendemain à ce vote. Vous risquez d'allumer en Guyane quelque chose que vous ne maîtrisez pas et ce ne sont pas des menaces mais une réalité. Apprenez à nous respecter nous ne venons pas avec des lubies", intervient Davy Rimane.
Trente-deux amendements ont été déposés par les députés, la plupart de la part des écologistes qui visent à la suppression de la PPL, validée par le Sénat en première lecture. Ils reprennent les paroles de Total qui dit qu'il n'y a rien.
Un amendement des députés de l'union des droites vise à étendre cette PPL à l'ensemble du territoire national afin de pouvoir explorer et exploiter des gisements.
Un autre d'Olivier Serva, député guadeloupéen du groupe Liot (Groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires) qui s'est fait remarqué par son intervention lors de la commission des affaires économiques souhaite limiter cette PPL à l'exploration des gisements d'hydrocarbures. Il enlève le volet exploitation. "La Stratégie nationale bas-carbone prévoit encore une consommation résiduelle comprise entre 40 000 et 100 000 barils par jour à l'horizon 2050", affirme Olivier Serva.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le prix à la pompe à augmenter de 18 centimes et s'établit à 2,12 euros le litre. Au Suriname, il est de 1,12 euro et de 1,14 euro au Brésil.

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