Le succès de Vega-C renouvelle l'accès autonome de l'Europe à l'espace
Après Ariane 6, la réussite du lancement de la fusée italienne permet au secteur spatial européen de reprendre du poil de la bête en cette fin d'année 2024 et d'envisager un avenir plus serein.
Mission accomplie ! La fusée Vega-C est enfin retournée dans les airs, deux ans après l'échec de son dernier lancement.
"L'Europe est de retour ce soir", s'est réjoui jeudi soir Stéphane Israël, dirigeant d'Arianespace, en direct du "bocal", la salle des opérations de lancement.
Le seul lanceur européen en attendant Ariane 6
Ce jeudi 5 décembre à 20h13, la mission était déclarée remplie pour Arianespace, opérateur de Vega-C. La fusée a bel et bien placé en orbite un satellite du programme européen d'observation terrestre Copernicus, le Sentinel-1C.
Vega-C est un lanceur dit "léger", né du constructeur italien Avio. Ce dernier est devenu un acteur incontournable dans le secteur spatial européen depuis la retraite d'Ariane 5, fournissant ainsi le seul lanceur à disposition du continent pour accéder à l'espace, avec Vega suivie de sa petite sœur Vega-C.
Mais le dernier lancement de Vega-C, en décembre 2022, s'était soldé par un échec. Depuis, Avio a traversé "deux années très difficiles", de l'aveu même de son directeur commercial et des services de lancements, Marino Franito. C'est désormais de l'histoire ancienne : avec le succès de jeudi soir, Avio et Arianespace reviennent sur les rails du marché européen aérospatial et peuvent regarder vers l'avenir.
Une montée en cadence dès 2025
De son côté, Arianespace se prépare à "une montée en cadence" du rythme de lancements dès 2025 avec le décollage très attendu d'Ariane 6. La fusée nouvelle génération d'Arianespace effectuera sa première mission commerciale d'ici à la mi-février, selon les dernières informations transmises par le groupe. Pour l'heure, déjà 29 commandes ont été enregistrées pour Ariane 6, 15 pour Vega-C. Signe d'un renouveau européen imminent en matière d'activité spatiale.
Pour Avio, cet avenir se conjuguera sans Arianespace. Le constructeur italien prendra la main sur les opérations de lancement de Vega-C d'ici à la fin 2025. Ensuite, il gérera en toute autonomie ses lancements qui se feront néanmoins toujours depuis Kourou.
Désormais, l'objectif pour le groupe italien est de s'insérer dans le marché des petits lanceurs. Une ambition qui concerne toute l'Europe à l'image de l'adaptation progressive du centre spatial guyanais (CSG), pour se placer en concurrence des activités américaines de lancements à titre privé à l'image de SpaceX.
Livrer des satellites à l'Europe pour l'Europe
"La compétitivité permet de se stimuler et de s'améliorer. C'est vecteur d'efficacité", a insisté Marino Franito, réfutant l'idée-même d'Avio de se détourner des intérêts européens à travers sa prise d'indépendance d'Arianespace.
"C'est important pour nous de livrer les clients européens avec des lanceurs européens", a lui conclu Stéphane Israël, consensuel sur la question.
Le CSG promet donc de faire carton plein d'ici aux prochaines années. A voir si la base spatiale saura être à la mesure des ambitions de l'Europe en matière de micro-lanceurs, tandis que, pour l'heure, seul l'ancien pas de tir de Soyouz a été réattribué - à la société Maiaspace. Cependant, les travaux de réaménagement n'y ont toujours pas commencé...

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