Quel regard portez-vous, 30 ans après leur création, sur les travaux d'intérêt général ?
C'est un succès parce que c'est devenu une mesure qu'on prend régulièrement dans les tribunaux. La magistrature judiciaire est conservatrice et il a fallu un lent processus d'acclimatation culturelle. Aujourd'hui, le Tig fait partie de la panoplie des mesures qui permettent d'éviter l'incarcération pour les courtes peines. J'ai toujours été convaincu que s'agissant de petits délinquants et de courtes peines, la détention n'était pas un remède, mais un mal ajouté à un mal. Est-ce que vous défendez le projet de loi de la prévention de la récidive que prépare la ministre de la Justice et la contrainte pénale ?
Je défends la contrainte pénale et toutes les mesures qui permettent d'éviter l'incarcération des petits délinquants pour des courtes peines en prison. C'est la pire des mesures qu'on puisse prendre dans les conditions actuelles de nos maisons d'arrêt. C'est producteur de récidive. Vous avez fait part de votre « inquiétude sur le climat de la République » après les injures dont Christiane Taubira a été victime...
C'est un outrage à la République, c'est évident. S'agissant de tout propos raciste, il est incompatible avec la République. Elle est fondée sur quelques valeurs essentielles et, parmi ces valeurs, il y a le refus absolu de toutes formes de racisme, d'antisémitisme, de discrimination pour des raisons ethniques, religieuses, etc... Mais, ce n'est pas que des mots, c'est ici une exigence première. Il ne peut pas y avoir de République quand vous avez des insultes racistes et a fortiori quand elles s'adressent à un représentant de la République. Pensez-vous que la nomination de Christiane Taubira à la tête du Conseil constitutionnel serait une bonne réponse de la République ?
Je n'ai aucune qualité à cet égard pour choisir un successeur à M. Debré. Propos recueillis par F.-X.G., à Paris
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