Tentative de meurtre d'un policier rue Lallouette : le procès aux assises jusqu'à vendredi
Quatre braqueurs sont jugés cette semaine pour tentative de meurtre sur un policier, le 8 juillet 2021, en plein centre de Cayenne.
La troisième journée du procès de la tentative de meurtre d'un policier s'est déroulée aux assises, ce mercredi 15 janvier. Le 8 juillet 2021, cinq hommes sont arrêtés à bord de leur véhicule par des policiers au croisement des rues Lallouette et Arago, en centre-ville de Cayenne.
Ces derniers sont suspectés d'avoir commis une série de braquages à main armée. Lorsque les policiers s'approchent du véhicule, l'un des braqueurs à l'arrière du véhicule ouvre le feu.
"Ce n'était pas un enfant à problèmes"
Dans le box des accusés, quatre prévenus : Gobin Clint, Dason Jupiter, Akim Pompey et Whitmark Simon. Le conducteur du véhicule, Bayron Kouachi, est décédé dans l'échange de tirs avec les policiers. Entendus le matin même et la veille, les accusés ont tous chargé leur complice décédé. Certains ont déclaré avoir "agi sous contrainte" exercée par Bayron Kouachi, 23 ans au moment des faits.
"Je pense que ce sont des menteurs", explique la mère de Bayron, entendue ce jour comme témoin. "Mon fils n'est pas innocent. Mais ça me fait de la peine qu'on le décrive comme ça, ce n'est pas lui", assure-t-elle à la juge.
Interrogée par l'avocate générale et la présidente de séance, la mère retrace le parcours de son fils. Elle décrit un jeune homme inséré socialement, titulaire d'un BTS et amoureux de sa petite amie. Benjamin d'une fratrie de cinq enfants, le jeune Kouachi vivait toujours avec sa mère : "Je fouillais tout le temps sa chambre. Je n'ai jamais vu une arme ou un bijou, affirme-t-elle. Ce n'était pas un enfant à problèmes."
Un profil différent des autres braqueurs
Un profil très différent de celui des quatre autres braqueurs, avec un seul écueil connu : la consommation régulière de cannabis. "Il a commencé à fumer à ses 18 ans, à mon grand regret. Mais je n'ai pas observé de changement de comportement à cause du cannabis", indique sa mère.
C'est un mois avant les faits que la femme remarque des changements dans l'attitude de son fils. "Il se levait beaucoup plus tôt, en me disant qu'il avait des choses à régler, sans m'en dire plus." Le 3 juillet 2021, la femme part dans l'Hexagone rendre visite à ses autres enfants. Depuis plusieurs jours, Bayron Kouachi l'interrogeait sur son départ, chose inhabituelle selon elle : "Il me demandait : Maman, quand est-ce que tu pars ?"
Le 8 juillet, elle s'inquiète de voir la voiture de son fils dans une vidéo. Les images montrent les échanges de tirs au centre de Cayenne. La femme ignore à ce moment que son fils est le conducteur du véhicule.
Il est environ 11h lorsque la voiture s'arrête au feu rouge du croisement des rues Lallouette et Arag. Deux policiers, Patrice Sabino et Pascal Giraud, descendent de leurs motos pour intercepter la Peugeot 208 de couleur rouge, arme de service à la main. Les deux hommes sont placés de part et d'autre du véhicule, et demandent d'arrêter le moteur.
Après plusieurs secondes où le conducteur presse l'accélérateur pour tenter d'intimider les policiers, un premier coup de feu est tiré depuis la banquette arrière. L'auteur est Whitmark Simon, d'après l'expertise balistique. Pensant être touché, le policier Sabino se réfugie derrière une voiture. Il aperçoit alors Akim Pompey, fusil à pompe à la main, à sa recherche pour l'abattre.
Les quatre occupants du véhicule tentent de s’enfuir, mais ils sont arrêtés quelques centaines de mètres plus loin. Deux d'entre eux avaient trouvé refuge dans une épicerie située sur l'avenue Général de Gaulle.
Le conducteur du véhicule, Bayron Kouachi, a été touché à la tête et au bras dans les échanges de tirs. Il décèdera dans la nuit. Contactée par la police, la mère sera officiellement informée de la mort de son fils le lendemain.
Le procès se poursuit demain jeudi 16 janvier, avec l'expertise de psychologues pour évaluer la personnalité des quatre accusés. Les réquisitions et les plaidoiries sont prévues pour vendredi. Les trois tireurs risquent jusqu'à la perpétuité.

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