La régie de Macouria vers une liquidation judiciaire
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La régie de Macouria vers une liquidation judiciaire

Tristan DEREUDDRE
Les travailleurs de la régie de Macouria n'ont pas été payés depuis janvier.
Les travailleurs de la régie de Macouria n'ont pas été payés depuis janvier. • T.D.

L'association cumule une dette sociale s'élevant à deux millions d'euros.

"Millions envolés, travailleurs sacrifiés : Où est l'argent ?", demande une pancarte déposée par les salariés de la régie de Macouria devant le tribunal judiciaire de Cayenne. L'association devrait, selon toute vraisemblance, être liquidée ce lundi 26 mai à l'issue de l'audience qui s'est en début d'après-midi à Cayenne. En redressement judiciaire depuis le 21 février dernier, la régie de Macouria accumule les dettes sociales et les salaires impayés. 

Au tribunal judicaire de Cayenne, l'association de la régie de Macouria va être liquidée ce lundi
Au tribunal judicaire de Cayenne, l'association de la régie de Macouria va être liquidée ce lundi • T.D.

Les salaires (enfin) versés, 15 jours après la liquidation

La plupart des travailleurs n'ont pas reçu leurs salaires depuis le mois de janvier. "Je travaille pour la régie sans contrat. Je n'ai pas d'argent pour acheter du pain. C'est inadmissible", nous confiait Venise Lubin la semaine dernière sur le piquet de grève. "J'ai cinq enfants, ça fait longtemps que je n'ai pas pu leur acheter une pizza. C'est très difficile pour nous", nous indiquait Ortwin Cofi. "Je dois payer mon loyer, la nourriture, l'eau, la lumière... Chaque matin je me lève à 4h ou 5h pour arriver à l'heure, sans toucher d'argent", dénonce une salariée d'une cinquantaine d'année.

Si la liquidation est prononcée ce lundi 26 mai lors du délibéré de l'audience, les salaires seront versés sous quinzaine, en partie via le régime de garantie des salaires (AGS). "Le liquidateur prendra sur l'argent qu'il reste, environ 56.000 euros, pour verser les deux autres mois qu'il peut", indique l'UTG.

Une dette sociale à deux millions

Mais un point d'interrogation demeure pour plusieurs salariés, qui ont été embauchés sans contrat de travail après le redressement judiciaire. "Notre objectif, c'est que les six personnes qui ont travaillé sans contrat pendant un mois et demi soient payées aussi". 

Les embauches sans contrat ne sont pas les seules pratiques douteuses de la régie de Macouria. Début 2025, elle a perdu son agrément d'association à vocation sociale. Pourtant, la direction a continué de recruter du personnel sous contrats aidés, dits " PEC ". Ces contrats sont censés aider les personnes à retrouver un emploi dans une structure comme une association ou une mairie, avec une partie du salaire prise en charge par l'État. Mais sans agrément, cette aide de l'État n'est plus versée. La régie a donc sciemment recruté en sachant que les salaires ne seraient pas financés, ni par l'État… ni par elle-même.

Car la dette sociale de l'association s'est considérablement creusée. Le trou qui s'élevait à 450.000 euros d'impayés à l'URSSAF en 2022 s'est transformé en gouffre, à deux millions d'euros. "L'administrateur, qui va devenir liquidateur, dispose de beaucoup plus d'éléments. Mais la direction de la régie ne lui remet pas tous les documents", glisse l'UTG. 

Pendant des années, l'association a poursuivi ses activités comme si de rien n'était, fermant les yeux sur l'ampleur de ses difficultés financières et cessant de verser les cotisations sociales. Aujourd'hui, ce sont les salariés qui en paient le prix fort. Plongés dans une totale opacité comptable, les salariés et les syndicats dénoncent une gestion trouble et s'inquiètent de la disparition de fonds publics.

Plus d'informations à venir...

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