La justice appelée à trancher sur les manquements de l'État dans sa lutte contre l'orpaillage illégal
Six associations dénoncent les manquements de l'Etat dans sa lutte contre l'orpaillage et déplorent l'impact du mercure sur les habitants du Maroni
Le tribunal administratif de Cayenne doit entendre le 23 avril un collectif d'associations dans le cadre d'une action en justice contre l'État.
Dans leur recours, ces organisations (Wild Legal, Maiouri Nature Guyane, Association des victimes du mercure Haut-Maroni, Solidarité Guyane, Coordination des organisations des peuples autochtones, Jeunesse autochtone) dénoncent l'inefficacité de l'État dans sa politique de lutte contre l'orpaillage illégal.
"L'État ne fait pas assez son boulot. On nous dit que nous avons des droits, mais ce ne sont pas les mêmes qu'à Paris. La France ne se rend pas compte que les peuples Wayana sont en train de mourir", résumait Michel Aloiké, chef coutumier du village de Taluen lors de l'engagement de l'action en janvier 2024. Les associations déplorent l'impact social, sanitaire, écologique et économique désastreux de l'orpaillage illégal et du mercure pour les habitants du Maroni.
Reconnaître les droits du fleuve
Malgré les opérations de lutte contre l'orpaillage clandestin engagées par l'État, intensifiées avec le dispositif Harpie depuis 2008, les chercheurs d'or illégaux sont toujours là. Plusieurs acteurs affirment que le volet diplomatique avec les pays voisins doit être renforcé.
Marine Calmet, directrice de Wild Legal s'exprime dans une vidéo partagée en ligne : "Les dépistages démontrent la contamination des populations au mercure. Ces chiffres montrent qu'il y a une violation des droits humains et des droits à la santé. On ne peut pas protéger la sécurité et la santé des personnes sur le fleuve si la santé même du fleuve n'est pas protégée. Lutter pour les droits du Maroni et pour les droits des populations, c'est un seul et même combat."
La justice doit se prononcer sur les "carences fautives" de l'État
La justice devra se prononcer sur les éventuelles "carences fautives" de l'État et sur les liens de causalité entre le manque d'action dénoncé et les préjudices écologiques, sanitaires et moraux soulignés.
Si l'État est reconnu coupable, il pourrait alors être condamné à réparer ces préjudices.
NB : En raison de la grève chez les avocats, l'audience pourrait etre renvoyée à une prochaine date.

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