Devant les acteurs économiques, Edouard Philippe prône "une stratégie guyanaise à l'horizon 2050"
L'ancien premier ministre était en visite au grand port maritime ce vendredi matin, pour clore son déplacement en Guyane.
"Si vous me laissez monter, je monte !", s'exclame Edouard Philippe, impatient de grimper au sommet de la grue qui s'élève à 70 mètres. Le maire du Havre était en visite au grand port maritime ce vendredi matin, avant-dernière étape de son voyage en Guyane. Il a reçu cet après-midi une dernière présentation, celle de l'opération 100 % contrôle, avant de s'envoler vers Belém en fin de journée pour son déplacement au Brésil.
Interpellé par les acteurs économiques sur l'état des filières
À l'issue de sa visite au port, le président de l'association internationale des villes portuaires (AIVP) s'est entretenu avec les acteurs économiques du territoire. Les discussions ont porté sur plusieurs secteurs-clé de l'économie guyanaise.
Bio-ressources, or, pêche, pétrole, BTP, tech... Toutes les filières économiques ont fait état du manque de développement de leurs secteurs. Tous dénoncent une Guyane laissée "sous cloche".
"À quel moment l'État français va se dire qu'il a un intérêt national ou supranational pour investir ?, l'interpelle une responsable du Medef. La France doit se rendre compte de la chance qu'elle a d'avoir la Guyane."
Plusieurs filières, notamment la pêche et l'or, l'ont interpellé sur la nécessité d'une coopération renforcée entre les pays du plateau des Guyanes, notamment le Surinam et le Brésil.
"Plus d'autonomie"
"Je ne prétends pas connaître la Guyane. Mais je prétends que les sujets m'intéressent." , indique Edouard Philippe. Face aux inquiétudes, l'ex-Premier ministre a livré deux pistes de réflexions : "Sommes-nous sûrs d'être au clair sur une stratégie Guyanaise à l'horizon 2050 ?", s'interroge-t-il en citant les exemples de l'exploitation des ressources et des mobilités. Le président d'Horizons a aussi reconnu la nécessité de donner à la Guyane une plus grande autonomie.
"Il y a 50 ans, on était 50 000. On a multiplié par six notre population. On ne rentre dans aucune case nationale. Les logiciels nationaux ne peuvent pas s'appliquer à la Guyane", souligne une responsable du Medef.
"Avec 42000 votants en Guyane, on est vite oubliés"
Les acteurs l'ont questionné sur la suite des événements, le comparant à Emmanuel Macron. Sa visite pleine de promesses n'avait, selon eux, pas répondu à leurs attentes. "Une fois que les candidats sont élus, on les perd", déplore une personne dans la salle de réunion.
"Avec 42000 votants en Guyane, on est vite oubliés", grommelle un autre. "Vous avez tout le loisir de pointer ceux qui prennent les décisions inadaptées, répond Edouard Philippe. Je veux que les décisions qui soient tranchées ici soient le socle d'une politique durable", conclut-il.

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