Yannick Xavier appelle à l'unité : " Ansanm nou ké briga, ansanm nou ké rivé "
Au cours de la matinée, l'UTG prévoit un temps d'échange autour de l'histoire du 1er mai
L'union des travailleurs guyanais (UTG) organise une marche de commémoration à l'occasion du 1er mai. Le rendez-vous est fixé devant le local de l'UTG à partir de 7h30.
Sur le flyer partagé par l'union, le ton se distingue d'une approche festive. Aucune mention d'une " fête du travail ", mais un message centré sur la défense d'un acquis social : " Touche pas à mon premier mai. "
Une formule qui en dit long pour Yannick Xavier, secrétaire général du syndicat. " Il y a une tentative du gouvernement d'ouvrir la possibilité aux salariés de travailler ce jour férié pour gagner plus", en référence au projet de loi de sécurisation permettant aux boulangers-pâtissiers artisanaux et aux artisans fleuristes d'occuper des salariés volontaires le 1er mai.
Un retour sur les luttes ouvrières
Selon lui, cette mesure soulève plusieurs questions. "Travailler plus accroît la richesse et entraîne une hausse des prélèvements. Il interroge aussi le principe du volontariat : si les salariés refusent, qui assurera l'activité si un employeur décide d'ouvrir son commerce ? "Il pointe une forme de contrainte.
Au cours de la matinée, l'UTG prévoit un temps d'échange autour de l'histoire du 1er mai. "Cette date s'inscrit dans un mouvement né en 1884, lorsque des travailleurs se sont organisés et ont fixé un délai de deux ans pour obtenir la journée de huit heures."
Des secteurs en tension pointés du doigt
Au-delà de cet héritage, la mobilisation porte sur les réalités actuelles. Le secrétaire général évoque les secteurs en tension. Il cite la situation du lycée professionnel Jean-Marie-Michotte, à Cayenne, où un débrayage a été organisé pour dénoncer le départ imposé de plusieurs enseignants néo-titulaires vers l'Hexagone. Une décision qu'il conteste.
Il rappelle les revendications portées depuis des années par le STEG UTG et d'autres syndicats : "la mise en place de concours locaux, la titularisation et la qualification des enseignants contractuels afin de leur permettre d'exercer sur le territoire. Nous sommes face à une politique qui freine ce développement et souligne les écarts de conditions entre enseignants selon leur lieu d'exercice."
Dans le domaine de la santé, il critique la situation du Centre hospitalier universitaire de Cayenne. Il décrit "un établissement créé sans base solide et dont le fonctionnement reste incertain", et souligne , "la faiblesse du budget alloué au regard des besoins du territoire."
Le secrétaire général, insiste aussi sur le manque de personnel : "les études de médecine s'arrêtent sur place après la troisième année, les formations de sages-femmes se déroulent en Martinique, et les places pour les aides-soignants restent limitées alors que les besoins sont estimés entre 150 et 300 postes."
Pour Yannick Xavier cette mobilisation du 1er mai " montre que la lutte se poursuit et que beaucoup de choses restent à acquérir.". Il affirme la nécessité de maintenir cette dynamique.
Il conclut : " Ansanm nou ké briga, ansanm nou ké rivé"
La marche sera accompagnée d'un temps de musique avec le groupe Ijakata.
Un sondage réalisé en interne met en lumière des choix contrastés. Parmi les quatre fleuristes interrogés, aucun n'envisage d'ouvrir ce 1er mai. À l'inverse, du côté des boulangeries, trois établissements sur cinq ont fait le choix d'accueillir des clients seulement à la demi-journée.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters