« Lorsque François Hollande m'a appelée, je ne pouvais faire autrement que d'accepter de faire le maximum que je pouvais pour l'Outre-mer. » Elle y mettra, promet-elle, « toute son énergie, tout son amour » , même si elle sait que le boulot ne sera pas simple. Pas simple déjà de succéder à Lurel qui n'a pas perdu un seul arbitrage depuis deux ans! « Il a tout réussi » , a-t-elle osé. Elle compte bien d'ailleurs continuer à « bénéficier de son amitié et de ses conseils » . George Pau-Langevin a annoncé d'emblée qu'elle se plaçait dans les pas de son prédécesseur et a déjà fait savoir qu'elle gardait avec elle l'essentiel du cabinet de son prédécesseur. Ce qui l'attend, ce sont, selon ses mots, « des difficultés économiques considérables, une jeunesse qui souffre, sans avenir professionnel » ... « Je sais bien que là-dessus, on ne me fera pas forcément de cadeaux. » Elle sait aussi qu'il lui faudra jouer avec « l'impatience de certains compatriotes d'Outre-mer » , voire leur « colère de ne pas voir évoluer les choses comme ils le veulent » , une allusion à peine feutrée au monde économique. Elle reçoit d'ailleurs, dès ce vendredi, la Fedom. Sa feuille de route, est déjà quasiment préétablie. C'est Victorin Lurel qui l'a détaillée : « Le pacte de responsabilité et sa déclinai son outre-mer, la mise à plat fiscale et son adaptation outre-mer, les 50 milliards d'économies sur trois ans, plus la baisse de 10 milliards sur les cotisations familiales et leurs conséquences pour les Outre-mer... « Je vais essayer de faire que les choses ne soient pas trop dures » , anticipe-t-elle. Sa feuille de route prévoit encore le projet de loi développement emploi outre-mer, ex-loi de compétitivité emploi, avec un pacte de confiance 2025 pour la Guyane et pour Mayotte. En ces temps de diète budgétaire difficile, Victorin Lurel avait su bénéficier de l'oreille bienveillante du président de la République, George Pau-Langevin reste confiante : « Le président de la République sait parfaitement ce qu'il doit à l'Outre-mer. Si nous avons un allié, c'est bien le président. » LA PHRASE. Julien Valette, président de la fédération Guyane du Parti radical, sur compte Twitter
La Guyane, seule en Amérique du sud, ne saurait fusionner. Pourra-t-elle rester une région quand le « poids » du mot aura doublé en métropole ?
A pa mo ki di
LE RECTORAT À CONTRE-PIED
« Enseigner en Guyane, recrutement de plus de 500 postes à pourvoir » , et « Les missions du CHSCTA : contribuer à la protection de la santé physique et mentale et de la sécurité des personnels académiques » . C'est sur ces gros titres que s'ouvre la page d'accueil du site internet du rectorat. À l'heure où les interventions se succèdent dans l'enseignement pour dénoncer des conditions de travail difficiles en raison du sentiment d'insécurité, pas sûr que le premier attire grand monde. Quant au deuxième, il y a visiblement encore du pain sur la planche.
LE CHIFFRE 1
Hier, Manuel Valls prononçait son discours de politique générale. En introduction, il disait avoir « entendu (la) voix » des Français qui « ont dit leur déception, leur doute, leur mécontentement, parfois leur colère » , lors des élections municipales. De tous les Français, vraiment ? Sur les quatorze pages de discours, on ne note qu'une seule référence à l'Outre-mer, et encore, pour dire que « les Outre-mer ont un rôle primordial sur les 5 continents - pour notre présence dans le monde » . En gros, une phrase qui n'engage à rien. Et rien,justement,sur le « rôle primordial » de l'État français dans ses outre-mer.
FLASHES. Conférence sur la propriété intellectuelle
Vendredi, à 15 heures dans l'amphithéâtre du pôle universitaire à Cayenne, René Kiminou proposera une conférence intitulée « L'entreprise et la propriété intellectuelle » . Il sera surtout question des « signes » garantissant la qualité telle que l'appellation d'origine contrôlée et appellation d'origine protégée. René Kiminou se basera sur les exemples des rhums et des produits issus de l'agriculture. René Kiminou est avocat au barreau de Fort-de-France et universitaire spécialiste de la propriété intellectuelle.
Martin Jaeger en poste à Pointe-à-Pitre
GUADELOUPE. L'ancien sous-préfet de Saint-Laurent (de 2001 à 2002), vient de prendre ses fonctions à Pointe-à-Pitre. En quittant la Guyane, il avait été nommé administrateur civil hors classe avant de devenir secrétaire général pour les affaires régionales (Sgar) auprès du préfet de Corse. Il est depuis peu sous-préfet de Pointe-à-Pitre.
GPL et le discours de Valls
Compte tenu de ce que Manuel Valls a dit de ses priorités, George Pau-Langevin sait d ores et déjà ce qu'il lui faudra décliner en outre-mer : l'emploi des jeunes, l'éducation, le pacte de responsabilité avec l'allégement des charges des entreprises et l'obtention de contreparties en matière d'emploi. « Beaucoup de points qui sont dans son discours sont des points que nous aurons à transposer sur les situations particulières des Outremer » , déclarait hier soir la ministre à France-Guyane.
Ainsi, le pacte de responsabilité vise à améliorer le pouvoir d'achat pour les salariés modestes tandis que les travailleurs indépendants attendent une baisse de leurs cotisations. Même chose pour les entreprises qui devraient voir baisser une part de leurs impôts. « Nous aurons à coeur d'appliquer ce pacte encore mieux pour les Outre-mer parce que nous avons des besoins spécifiques. »
Au programme donc de l'emploi, pour les jeunes, pour les seniors, sans oublier le gisement des emplois verts avec la transition énergétique et écologique. Si Manuel Valls n'a prononcé qu'une seule fois le terme « outremer » , GPL le défend : « Ce qu'il a dit sur les Outre-mer n'est pas un discours misérabiliste convenu, il a souligné à l'intention de tous l'apport des Outremer à la Nation puisqu'il a bien rappelé que les Outre-mer avaient un rôle important pour la place de la France dans le monde. »
La ministre a assuré qu'ensemble, ils iraient dans les Outre-mer où le Premier ministre aura l'occasion de dire davantage de choses. « Nous allons nous revoir plus précisément la semaine prochaine et, bien évidemment, on a quelques échéances qui vont être fixées. » .
F.X.G
Une ministre issue du militantisme
« Je suis une élue de Paris, du 6e DOM, mais j'ai toujours gardé une affection particulière pour ce qui se passe en Outre-mer. » George Pau-Langevin est née en 1948 à Pointe-à-Pitre. Avocate de profession, elle devient membre du PS en 1975, et sera, de 1984 à 1987, la présidente du MRAR En 1989, elle devient directrice adjointe de l'ANT (future Ladom) qu'elle finira par diriger sous le gouvernement Jospin.
Après la prise de Paris par Bertrand Delanoë en 2001, elle devient déléguée générale à l'Outre-mer de la ville de Paris. Fin 2006, Victorin Lurel avait démissionné avec éclat de son poste de secrétaire national Outre-mer du PS pour imposer la candidature de GPL au siège de députée du XXe arrondissement. Réélue haut la main (73,5%) en 2012, George Pau-Langevin entrait au gouvemement Ayrault.
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