Discussion autour de l'immigration haïtienne illégale en République dominicaine
Alors que le Président dominicain Luis Abinader issu du parti politique (PRM) tente de réaliser une “sorte d’union nationale” autour de ses 15 dernières mesures pour lutter contre l’immigration illégale, les deux principales forces politiques d’opposition dont sont issus ces deux prédécesseurs, la Force Populaire et le PLD sont pour le moins circonspects
La Force exige un large dialogue sur la migration haïtienne et non pas seulement une approbation des mesures existantes
La Force Populaire (FP), dirigée par Leonel Fernández (ancien Prédident de 1996-2000, puis de 2004 à 2008 et de 2008 à 2012), a averti mardi 29 avril qu'elle ne serait pas disposée à entrer en dialogue uniquement pour approuver les 15 mesures adoptées par le président Luis Abinader pour faire face à la migration illégale haïtienne , mais plutôt pour discuter de façon plus large de ce problème. Cependant, Antonio Florián (Peñita), secrétaire général de l'organisation, a précisé que le parti serait disposé à dialoguer puisque la souveraineté nationale est en jeu, mais dans un cadre où chaque parti fait sa propre proposition sur la question. “ Nous comprenons que la situation du pays, notamment liée à la migration haïtienne, a acquis une telle importance qu'elle nécessite la participation de tous les secteurs de la vie nationale pour organiser une réponse nationale à ce problème “, a-t-il souligné. Lundi, le Président Luis Abinader a annoncé qu'il enverrait dans les prochains jours une lettre aux anciens présidents Leonel Fernández, Danilo Medina et Hipólito Mejía pour discuter de la crise haïtienne et des problèmes d’immigration.
Le parti de la Force Populaire a souligné l’importance de la participation de tous les secteurs dans la recherche de solutions à la crise migratoire et pas seulement des partis politiques
Antonio Florián (Peñita), secrétaire général de la Force Populaire a précisé qu’outre les partis politiques, tous les secteurs décisionnels devraient participer à une éventuelle discussion, mais avec des propositions claires et larges et un débat sur les solutions possibles. “ La participation de tous les secteurs de la vie nationale est nécessaire pour organiser une réponse nationale ; c'est une question qui a les caractéristiques d'un problème national, dans lequel la souveraineté nationale est en jeu “, a déclaré Antonio Florián Peñita.
L’autre grand parti de l’opposition actuelle, le PLD (parti de l’ancien Président Danilo Medina,de 2012-2016, puis de 2016 à 2020) est lui bien plus sévère avec la politique d’immigration du Président Luis ABinader, la qualifiant même “improvisée et de manquant d’ humanité “
Le Parti de libération dominicaine (PLD) a qualifié ce mardi 29 avril la politique d'immigration du gouvernement d'"inefficace", arguant que violer la dignité des personnes vulnérables, comme les femmes enceintes ou les mineurs, est injustifiable. Ces déclarations font partie de la position officielle du parti sur la proposition du président Luis Abinader d'un pacte national sur la situation migratoire avec Haïti. “ La souveraineté ne se défend pas en humiliant son voisin, mais en protégeant son propre peuple par des politiques qui garantissent son bien-être et sa sécurité. La souveraineté se défend par l'ordre, la légalité, des contrôles rigoureux et l'humanité “, a déclaré
Johnny Pujols, secrétaire général du PLD. Le parti PLD a rappelé au gouvernement qu'Haïti est la deuxième destination d'exportation de la République dominicaine et que ce commerce soutient des milliers d'emplois dans le pays. Partant de ce constat de base, il a averti qu'une “ approche purement conflictuelle, sans canaux commerciaux réglementés, affecte directement les entreprises et les familles dominicaines qui dépendent de ce commerce “.
Une critique radicale notamment sur l’une des mesures qui fait le plus débat, les contrôles dans les hôpitaux, une mesure susceptible de nuire en outre à l’image du pays l’international
Le PLD a critiqué la tentative de mettre en place des contrôles d'immigration dans les hôpitaux plutôt qu'à la frontière, la qualifiant de “ contradictoire “, notamment compte tenu des rapports quotidiens faisant état de déportations massives malgré les discussions sur une frontière “ contrôlée “. Le PLD a également averti que les “ mesures improvisées “ érodent l' image internationale de la République dominicaine et génèrent des tensions sociales internes, exposant le pays à la condamnation et à la critique internationales. Et en réponse à l’appel du Président aux partis politiques pour construire un pacte national, le PLD a réitéré sa volonté d'engager le dialogue et de parvenir à des accords sur une question telle que l'immigration, et a fait déjà des propositions.
Le PLD propose dores et déjà 4 mesures pour refonder la politique migratoire du pays
Compte tenu de la situation actuelle, la proposition du PLD en matière de politique migratoire se décline en 4 grandes mesures :
1. Un système de contrôle des frontières moderne et efficace, avec de réelles sanctions et conséquences pour ceux qui permettent l’accès irrégulier au territoire, ainsi que l’utilisation de technologies de pointe, qui garantissent une réelle protection du pays et de ses frontières ;
2. La mise en œuvre d’un Plan National de Régularisation ordonné et transparent, qui permette d’identifier ceux qui se trouvent dans le pays et ceux qui contribuent aux secteurs productifs ;
3. Renforcer les relations diplomatiques pour partager la responsabilité de la crise haïtienne avec la communauté internationale, en évitant que la République dominicaine ne porte seule le poids de cette situation et en plaidant pour de plus grandes opportunités pour cette nation, en commençant par l’élimination des tarifs de 10 % imposés sur ses exportations vers les États-Unis ;
4. Que toutes les actions d’immigration soient menées dans le strict respect de la Constitution dominicaine, des lois nationales et des procédures établies, garantissant la transparence et la responsabilité.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters