Tragédie du Barima : le peuple du Guyana veut des responsables
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Tragédie du Barima : le peuple du Guyana veut des responsables

Eric GERNEZ
La population devant l'assemblée du Guyana demande la démission des ministres concernés par la tragédie du Barima.
La population devant l'assemblée du Guyana demande la démission des ministres concernés par la tragédie du Barima. • DR

Le drame du ferry Barima au Guyana plonge le pays dans la douleur avec 73 morts, dont 20 enfants. Après les cérémonies, le temps de la colère et des questions est venu

Le ferry Barima a chaviré il y a un peu plus d'une semaine alors qu'il se dirigeait vers Port Kaituma, une région isolée de l'ouest du Guyana. Le pays déplore 73 morts et plus de 30 disparus en mer. Parmi les victimes figurerait une vingtaine d'enfants. La population s'insurge contre l'accumulation des défaillances et exige la démission du ministre des Travaux publics, Juan Edghill, ainsi que du ministre des Services publics et de l'Aviation, Deodat Indar, jugés responsables de la tragédie.

La question d'une surcharge du bateau

Des manifestations ont éclaté devant le Parlement du Guyana. Lors des débats, la séance du 28 juillet a été interrompue. Le Dr Campbell, député de l'opposition, devait interpeller l'assemblée en ces termes : " Le 19 juillet, le ministre Edghill s'est empressé de porter un jugement, cherchant à minimiser ce qui constitue la plus grande tragédie de l'histoire récente du Guyana. Il affirmait qu'une vague meurtrière avait frappé le bateau et provoqué son naufrage. Pourtant, des survivants évoquent une surcharge du navire et une montée des eaux à bord. "

Il faut rappeler que le navire datait de 1937, que le capitaine et plusieurs membres de l'équipage ont été testés positifs au cannabis et que le décompte des passagers embarqués était fantaisiste.

Le député a souligné que de nombreuses interrogations demeurent sans réponse concernant la tragédie du Barima. Il a estimé que le ministre Edghill devra répondre aux questions portant sur la navigabilité du navire. Enfin, le Dr Campbell a jugé impossible de faire toute la lumière sur cette tragédie. Il a affirmé : " Des employés du ministère des Transports et des Ports nous ont confié avoir reçu l'ordre de ne parler à personne. Dans ces conditions, nous ne pourrons pas obtenir une enquête sérieuse. "

Crise politique majeure

La crise qui s'est développée sur les bancs de l'Assemblée nationale est majeure. Elle pourrait ébranler la stabilité politique du pays. L'ensemble des partis d'opposition s'est uni pour protester et demander des comptes au parti du président Irfaan Ali.

Lors de l'ouverture de la session, le Premier ministre, Mark Phillips, a été accueilli par des protestations à son entrée dans l'hémicycle. Le chef de l'opposition, Azruddin Mohamed, a insisté sur le fait que les travaux de l'Assemblée nationale n'auraient pas dû se dérouler comme si de rien n'était alors que le pays est en deuil.

Pour le parti au pouvoir, le PPP (People's Progressive Party/Civic), l'avenir semblait dégagé grâce à la prospérité apportée par le pétrole. La fin du mandat s'annonce toutefois plus contestée pour le président Ali qu'il ne l'imaginait. Sa politique risque d'être chahutée par une opposition qui voit dans le drame du Barima une occasion de se renforcer.

 

Manifestation de l'opposition sous le dôme de l'Assemblée nationale du Guyana. Elle veut des réponses au drame du Barima..
Manifestation de l'opposition sous le dôme de l'Assemblée nationale du Guyana. Elle veut des réponses au drame du Barima.. • DR

La Guyane et la Gabrielle

Après la catastrophe maritime la plus meurtrière qu'ait connue le Guyana, nous avons le devoir de poser des questions. Dans les colonnes de France-Guyane, nous titrions : "Gabrielle, la peur de chavirer ".

Nous rapportions le témoignage de membres de l'équipage qui disaient craindre le chavirage de la vénérable Gabrielle et ses conséquences dramatiques. Il faut s'interroger sur les responsabilités qui seraient engagées en cas de naufrage. Une catastrophe sur le Maroni secouerait la Guyane comme le Guyana l'est aujourd'hui.

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