Sylviane Cédia au travail en studio : à temps pour le carnaval ?
L'égérie guyanaise Sylviane Cédia, forte de 60 ans de carrière, est en studio en Seine-et-Marne (77) pour un nouveau titre qu'elle espère sortir au premier trimestre 2025. Une occasion exclusive de découvrir son processus créatif.
Sylviane Cédia ne se plaint jamais. Ce n'est pas son style. Mais face à la grisaille francilienne de ce début février, elle lâche : « Où est notre soleil ? » Est-ce l'hiver, avec ses souvenirs de traversées de Villeneuve-Saint-Georges à pied dans la neige, qui l'a inspirée ? Le froid est en tout cas un thème central de son prochain morceau, conçu pour réchauffer les cœurs.
À Lognes (77), guitare sous le bras, elle rend visite au pianiste guyanais Thierry Nago (Dokonon, Grupo Mango). Ils se connaissent de la scène depuis longtemps et s'apprécient au point d'expliquer à deux voix :
« Ça faisait un moment qu'on voulait se voir, mais chacun est pris de son côté. Là, il y a eu une petite fenêtre, donc on l'a saisie et on s'est mis à l'œuvre. »
Ils enregistrent la guitare de Sylviane et le clavier de Thierry le premier jour. Le deuxième, ils dissèquent chaque piste audio. Barre après barre, ils ajoutent une note ici quand « il manque un pied », un peu d'aigu dans le violon là, et simplifient l'intro jusqu'à verrouiller la structure du premier couplet.
« Là, on a vendu trois bonbons ! » s'exclame Sylviane avec un sourire joueur lorsqu'ils terminent les arrangements du troisième et dernier couplet. Elle explique :
« Un de mes premiers producteurs à Paris, Eddy Gustave, me disait, quand il entendait en studio quelque chose qu'on pouvait mieux faire : “Là, vous ne vendrez pas un bonbon !” Et quand c'était mieux : “Là, vous en vendrez trois !” »
Sylviane et Thierry auront travaillé trois séances intenses en une semaine avec « une bonne concentration », souligne cette grande dame de la musique guyanaise.
« C'est une MaZouka, une mazurka où on retrouve le zouk », rit-elle avant d'enregistrer les voix. Le morceau pourrait être prêt pour la fin du carnaval 2025, « mais c'est une musique pour toute l'année ! » précise l'autrice-compositrice.
Nago, propriétaire du studio, détaille :
« Il restera deux ou trois musiciens à enregistrer, puis le mix et le mastering. »
La difficulté résidera, comme souvent en musique, dans la concordance des plannings : Thierry Nago est en partance pour le Bénin, Sylviane Cédia pour le Pays basque, puis la Guyane… Mais ils ont confiance l’un en l’autre et dans l’avenir du morceau.
Informés de l'imminence du « drop », les programmateurs des radios guyanaises sont prêts à faire tourner sur les ondes le fruit de cette inspiration soudaine.
Le titre ? « Mo Ti Bobounn », finit par lâcher Sylviane Cédia. « C'est le récit d'un repas qu'un couple accepte de préparer avec presque rien parce qu'il fait trop froid pour sortir. C'est ce qu'on peut aussi faire dans une relation amoureuse. »
L’amour, toujours l’amour.

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