Filière musicale ultramarine : une étude portée à l’Assemblée nationale
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes
MUSIQUE

Filière musicale ultramarine : une étude portée à l’Assemblée nationale

Mahalath PAIN
Andy Badami, président de l’agence Le Chewin Gum, présente au Palais Bourbon, à Paris, les résultats de l’étude sur la consommation musicale aux Antilles-Guyane, le 30 avril.
Andy Badami, président de l’agence Le Chewin Gum, présente au Palais Bourbon, à Paris, les résultats de l’étude sur la consommation musicale aux Antilles-Guyane, le 30 avril. • MP

Présentée au Palais Bourbon, l’enquête met en avant une pratique ancrée et pose la question de la structuration du secteur

L’agence Le Chewin Gum, présidée par le Guyanais Andy Badami, et l’association Federap ont présenté, le 30 avril dernier, au Palais Bourbon, à Paris, les résultats d’une étude consacrée aux pratiques musicales en Guyane et aux Antilles.

Un mois après une première restitution organisée dans les locaux de Spotify France, cette présentation intervient dans l’enceinte de l’Assemblée nationale. Un signal fort pour des artistes longtemps restés en marge des analyses nationales.

Les titres les plus diffusés en radio en 2025 et les genres dominants (zouk, afrobeat, shatta) présentés lors de la restitution de l’étude au Palais Bourbon.

L’étude met en lumière une réalité puissante : en Guyane et aux Antilles, la musique est une pratique quotidienne, portée par le numérique, les plateformes comme Spotify, Apple Music et YouTube. Elle met en avant la diversité des répertoires, du reggae dancehall au zouk, en passant par le kompa.

Au-delà des chiffres, cette rencontre marque une prise de conscience : celle de l’urgence à reconnaître, structurer et accompagner une filière dynamique, mais encore sous-valorisée.

« Un point de départ »

Interrogé en marge de la présentation, le député Jean-Victor Castor indique ne pas avoir eu connaissance de l’étude avant d’être sollicité. « Nous l’avons découverte une fois contactés. Ce type de travail est essentiel. C’est un point de départ », déclare-t-il.

L’élu évoque la nécessité de prolonger l’analyse dans le temps, notamment sur les questions liées à l’industrie musicale et aux rémunérations. Il insiste sur les limites du rôle parlementaire en matière d’infrastructures, tout en appelant à un renforcement des moyens.
« Ce n’est pas acceptable que des artistes soient contraints d’occuper des lieux de manière informelle pour créer. Il y a là un enjeu », poursuit-il.

Jean-Victor Castor, député de la Guyane, prend la parole devant les participants et souligne les enjeux de structuration de la filière musicale ultramarine.
Des besoins identifiés sur le territoire

Selon Jean-Victor Castor, les collectivités doivent considérer la filière musicale comme un levier de développement. Il évoque la nécessité de créer des lieux de formation, de structuration et de diffusion, en dehors des centres urbains.
« La Guyane est un territoire vaste. Il faut développer des infrastructures dans l’ouest, à l’intérieur et aux frontières », précise-t-il.
Il souligne aussi le poids des pratiques informelles, peu visibles dans les statistiques. « Cela montre une richesse, mais aussi un manque de structuration. Il faut accompagner sans brider », ajoute-t-il.

Coopérations régionales en appui

Le député met en avant les coopérations avec les pays voisins, notamment le Brésil et le Suriname. Il cite des échanges artistiques réguliers, dont des concerts organisés à Oiapoque avec des artistes guyanais et brésiliens.
« De plus en plus, les artistes se produisent à l’étranger faute d’espaces. C’est une dynamique à encourager », indique-t-il.

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger