La Guyane, grande oubliée des charts hexagonaux... sauf Bamby
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La Guyane, grande oubliée des charts hexagonaux... sauf Bamby

Michael ALCIDE
Bamby dans les bras de Vybz Kartel. Le roi du dance hall adoube la "Muse" guyanaise. Bamby représente l'arbre qui cache la forêt d'une industrie musicale en difficulté en ce moment selon le classement des titres diffusés en radio dans l'Hexagone.
Bamby dans les bras de Vybz Kartel. Le roi du dance hall adoube la "Muse" guyanaise. Bamby représente l'arbre qui cache la forêt d'une industrie musicale en difficulté en ce moment selon le classement des titres diffusés en radio dans l'Hexagone. • MICKAEL ALCIDE

Les titres guyanais joués dans les radios ne représentent que 5 % de l'ensemble ultramarin

Neuf titres sur 200. Voilà le poids de la Guyane dans le classement radio ultramarin publié en juillet par le Snep (Syndicat national de l'édition phonographique).

En juillet, l'agence Le Chewing Gum a publié un rapport réalisé avec le Snep, l'organisme de référence de la musique enregistrée en France. Le document mesure la diffusion des artistes ultramarins sur les radios. Les Antilles et La Réunion y occupent une place plus importante que la Guyane. La Guadeloupe place 46 titres dans cette liste.

Avec sept artistes représentés, la Guyane se situe derrière la Guadeloupe (29 artistes), la Martinique (24 artistes pour 41 titres) et La Réunion (28 artistes pour 37 titres).

Sur l'ensemble des certifications nationales du Snep en 2025, une seule concerne un artiste guyanais : Bamby, en featuring avec Kerchak sur le titre Pas jalouse. Cette certification fait partie des huit obtenues par des créations ultramarines. [Ce titre correspond au premier single de diamant de l'artiste guyanaise dont l'interview longue par France-Guyane est à retrouver ici.]

Une production peu présente sur les radios

Comment expliquer cet écart ? Selon certains acteurs du secteur, il tient en partie aux formats de production privilégiés par les artistes locaux.

Andy Badamie, fondateur de Le Chewing Gum  estime qu'une partie de la production guyanaise répond davantage aux codes des sound systems, des discothèques et des showcases qu'à ceux des radios.

Trois principales sources de revenus existent pour les artistes :

  • Le live (showcases, concerts, festivals) ;
  • Le streaming, pour les artistes qui atteignent des volumes d'écoute importants ;
  • Les droits d'auteur versés par la Sacem.

Selon lui, les productions locales correspondent souvent à une logique liée à un événement ou à une soirée.

 

 

 

" C'est souvent une logique de "un flyer, une soirée". Nos artistes guyanais sont rarement en concert, que ce soit en première partie ou en tête d'affiche, alors que cela favorise la relation avec le public et ouvre d'autres sources de revenus comme le merchandising ", explique le musicologue.

 

 

 

 

Il indique que les artistes guyanais orientent leurs productions vers les plateformes de streaming et YouTube. " Il n'y a pas de stratégie pour atteindre les radios ou les festivals, " affirme le chercheur.

Un manque d'accompagnement

Pour le producteur HYT, qui travaille entre la Guyane et la région parisienne, le principal frein réside dans le nombre limité de professionnels du secteur : " Peu d'artistes disposent d'un éditeur chargé de promouvoir leurs titres sur les plateformes ou auprès des radios. La plupart se débrouillent seuls ou sont accompagnés par un manager qui ne dispose pas des moyens nécessaires pour développer leur carrière au-delà de la Guyane. Je peux entendre que c'est parfois compliqué de travailler avec ce type d'artistes, mais c'est pareil partout et il faut se lancer. "

Une prise de conscience tardive alors que les Antilles et la Réunion reprennent allègrement la Guyane Touch urbaine caractérisée par un mélange de langues et de styles musicaux important dans chaque morceau. Une marque qui cartonne en Europe en ce moment. 

 

 

 

 

Andy Badamie, fondateur de l'agence Le Chewing gum observe et défend la musique guyanaise. Deux vidéos sont sur notre Insta qui permettent de mieux connaître ce musicologue guyanais.
Andy Badamie, fondateur de l'agence Le Chewing gum observe et défend la musique guyanaise. Deux vidéos sont sur notre Insta qui permettent de mieux connaître ce musicologue guyanais. • MA
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