Histoire de l'Amérique noire, des plantations à la culture rap
Apprendre l'histoire des populations noire et l'anglais, en musique, est un savoir-faire qu'a développé le guadeloupéen Pascal Archimède. Auteur de deux ouvrages, il donne actuellement des conférences sonores et était présent à l'hôtel Arawak hier soir.
«À chaque étape de son intégration sur le sol américain, l'Homme noir a créé un type de musique qui reflétait son évolution sociale et économique ainsi que son état d'esprit. Ce récit est une épopée, et chaque note de cette musique est la preuve la plus absolue que les Noirs n'ont jamais renoncé », cite Pascal Archimède. C'est un extrait de son livre « Histoire de l'Amérique noire, des plantations à la culture rap », édité en 2018, en français et en anglais. Formateur en anglais, spécialiste de la civilisation américaine et traducteur-interprète, ce passionné fait le lien entre la musique et l'histoire des populations noires, deux sujets qui l'animent particulièrement.
Le prisme de la musique pour raconter les populations noires
L'idée du livre germe à l'époque où Pascal est étudiant. Il découvre l'histoire de la communauté noire américaine. « Je vois les similitudes avec l'histoire des Guadeloupéens parce que, quelque part, nos ancêtres ont quitté l'Afrique sur les mêmes bateaux, sauf que la destination finale était différente. On nous a séparés d'un point de vue géographique, culturel et linguistique. » Il décide donc d'écrire un livre, facile à lire et accessible à tous. Les recherches prennent environ un an et le livre est écrit en quatre mois. C'est Nofi, un média en ligne et un espace de partage, de réflexion et de célébration de la richesse de la culture noire, basé à Paris, qui choisit de l'éditer.
Une fresque musicale
Pascal Archimède dresse une fresque musicale qui retrace l'histoire des communautés noires sur le sol américain à travers les différents types de musique que ces communautés ont créé, des work songs - les chants de travail dans les plantations - jusqu'au rap en passant par le jazz, le blues ou encore le gospel. « Je plante le décor, le contexte historique, social, économique, dans lequel telle musique a été créée et, ensuite, on l'écoute. On avance ainsi dans le temps, de l'arrivée des premiers africains sur le sol américain en 1619 en tant que travailleurs sous contrat, pour arriver au rap d'aujourd'hui. »
Un livre référencé à l'université de Princeton
Le livre a été promu aux États-Unis. Après un premier article dans le Tennessee Tribune, un journal afro-américain, le lobby de la presse noire relaie sur tout le territoire américain. Des articles paraissent dans toutes les grandes villes américaines. La visibilité du livre fait qu'il est aujourd'hui référencé dans la prestigieuse Université de Princeton, dans le New Jersey. Pascal Archimède teste le format de la conférence en musique, aux États-Unis, ce qui plaît. Il a alors l'idée de faire la même chose en Guadeloupe, comme ça a été le cas, hier soir, dans le cadre des Kafés de l'Arawak. 6 ans après, le livre continue de bien se vendre sur le territoire guadeloupéen. « L'histoire n'a pas de date d'expiration », sourit Pascal Archimède.
Parcours
Après son Bac, Pascal Archimède intègre une école de commerce à la Barbade, puis il obtient un master en anglais spécialité civilisation américaine, en Martinique. Il vit à Londres pendant 3 ans, de 1999 à 2002, puis est diplômé, à Paris, d'un master en développement des compétences en formation d'adulte et devient formateur. Il a vécu à Miami de 2018 à 2022. « J'ai appris l'anglais très tôt. J'ai grandi à Pointe-à-Pitre et, à l'époque, mes meilleurs amis étaient des Dominiquais et des Saint-Luciens. Ça a été mon premier contact avec l'anglais. Ma mère m'a aussi fait prendre des cours d'anglais très tôt. » La musique est présente, dès petit, dans sa vie. Et puis, il prend conscience que c'est un important outil pédagogique. « La musique rétablit l'harmonie entre les deux hémisphères cérébraux. Le stagiaire est plus à l'aise et apprend plus facilement. »
« Musique en formation linguistique professionnelle »
C'est le premier ouvrage qu'a écrit Pascal Archimède, en 2014. Il s'agit d'une méthode d'apprentissage de l'anglais à partir de la musique. Le livre a rencontré un tel succès que l'éditeur allemand demande à l'auteur de le traduire en anglais. À partir de là, il est invité dans des universités européennes, en Angleterre, en Italie et lors d'un colloque international sur l'innovation dans l'apprentissage des langues.
« Je choisis en générale une chanson de l'artiste préféré des stagiaires. La difficulté c'est souvent de trouver une chanson en lien avec le monde professionnel. On a une écoute passive et une écoutes active et on fait des activités autour de la chanson, de la musique, tout en revenant sur des notions de grammaire, de vocabulaire et des notions professionnelles. Ou encore sur la biographie de l'artiste. »
« Par exemple, si le stagiaire aime les Beatles, au moment d'apprendre le passé simple, j'utiliserai la chanson Yesterday. Au niveau de l'écoute, je propose un texte avec des trous pour leur permettre de travailler leur compréhension orale et leur production écrite. On peut aussi revenir sur l'histoire des Beatles en utilisant le passé et tout cela, en musique. »
L'histoire des communautés noires racontée en musique
Sur le même modèle que les conférences, Pascal Archimède propose des ateliers ludiques et en musique, dans les établissements scolaires en français ou en anglais quand le niveau des élèves le permet. L'objectif est aussi de faire découvrir l'histoire de la communauté noire à travers les différents types de musique, dans le cadre du projet culturel des établissements.
Sur le résultat des élections américaines
« Le vote afro-américain est en train de changer. Depuis les années 1930, les noirs votent principalement démocrate sauf qu'aujourd'hui, la priorité n'est plus forcément raciale. Elle est beaucoup plus économique et Trump arrive avec un programme pour avantager les entrepreneurs qu'ils soient noirs, blancs ou asiatiques. Effectivement, Donald Trump a des propos racistes mais le noir-américain, aujourd'hui, entre le côté raciste et les économies qu'il peut faire, ira plutôt, je pense, vers les économies qu'il peut faire. Pour le symbole, ça aurait été grandiose d'avoir une femme, noire, première présidente des États-Unis. Mais le symbolisme ne paie pas les factures ».

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