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CULTURE

Regards sur le FIFAC, un festival pas comme les autres

Veronique NORCA Samedi 16 Octobre 2021 - 18h47
Regards sur le FIFAC, un festival pas comme les autres

Ce samedi soir aura lieu la remise des prix du Festival International du Film documentaire Amazonie-Caraïbes à Saint-Laurent, diffusée sur les chaines de France télévision en Guyane, en Martinique et en Guadeloupe à 20h.

 L’ouverture sur le monde, c’est là toute la magie du festival. Une ouverture qui recouvre plusieurs aspects : d’abord, il met en lumière la Guyane dans sa diversité et sa richesse à travers les films documentaires, véritables instantanés de nos vies intérieures.

Sur 40 films présentés, 11 sont des productions ou co-productions guyanaises. Ensuite, c’est une vitrine du savoir-faire et des ressources professionnelles du territoire.

Organiser des rencontres professionnelles, même en distanciel est un appel d’air pour toute la profession cinématographique, qui y trouve des espaces de réflexion et de prospectives pour les métiers qui la composent. Les internautes ont notamment plus les découvrir grâce aux tables-rondes diffusées en live Facebook et aux interviews « métiers » des Chroniques du Maroni.

Enfin, le festival ouvre le champ des possibles pour les jeunes qui souhaitent travailler dans ce milieu ou simplement mieux connaitre la zone Amazonie Caraïbes, afin pourquoi pas, d’aller y vivre, étudier ou travailler.

Mais ce sont encore ceux qui ont pu prendre part à cette émulation qui en parlent le mieux :
Keoni K. Wright,  réalisateur du film "A pasi fu romeo"

Keoni a notamment participé à la table-ronde sur la collaboration interrégionale -
Comment avez-vous accueilli votre sélection au festival ?
Je suis ravi de pouvoir participer au FIFAC principalement pour deux raisons : d’abord, c’est la première fois que je peux voyager en dehors du Surinam depuis 2 ans, car même si mon documentaire a été sélectionné dans plusieurs festivals internationaux, avec la crise du COVID, il était impossible de se déplacer. C’est la première fois que mon film est présenté dans un pays francophone. La deuxième raison est que c’est un festival professionnel comme il en existe peu. Ici, j’ai vraiment l’opportunité d’échanger sur les pratiques professionnelles, les difficultés de diffusions que nous rencontrons et comment notre travail peut être valorisé à l’échelle de la région.
Concernant votre film, qu’est-ce qui vous a donné envie de raconter cette partie de l’histoire surinamaise ?
Ce qui m’a inspiré, c’est ma rencontre avec Roméo, le personnage principal du film en 2018. J’ai eu envie de faire un film qui parlerait de la rébellion, de la résistance et de la passion des personnes les moins privilégiées avec leur propre voix. Ces personnes « underground » qui ne seraient pas choisies pour jouer dans un film. Je suis Américain et dans les productions américaines, on aurait plutôt tendance à engager un narrateur pour « parler sur elles » et ne leur accorder qu’un temps de parole très limité en réalité. Et puis, beaucoup de films parlent de la beauté de l’Amazonie et de sa forêt primaire, mais où est l’expérience humaine ? Pendant longtemps la guerre civile au Surinam a été un sujet tabou, mais aujourd’hui une porte s’est entrebâillée et j’essaye de contribuer à la garder ouverte. Les populations d’Amazonie ont des choses à dire et je souhaite leur donner un espace pour qu’elles puissent raconter leur histoire.

Mon vœu serait vraiment que davantage de surinamiens passent derrière la caméra !
Keena Perlet, conseillère territoriale, déléguée au logement, cadre de vie et modes d’habiter

Keena Perlet représentait le Président de la collectivité Gabriel Serville et Emmanuel Prince, Vice-président au patrimoine -

Pourquoi la CTG a-t-elle choisi d’accompagner le festival sous cette forme connectée ?
La CTG a tenu à ce que tout le travail réalisé durant des mois par l’équipe du FIFAC soit reconnu et soutenu. C’est pourquoi, elle a doublé sa dotation pour le fonctionnement du festival. Il est important pour la collectivité de promouvoir le cinéma, son industrie, y compris en termes de formation.
Ce qui est particulier dans cette édition, c’est bien sur l’absence du public. Il nous aura à tous manqué cette émulation et ce partage d’émotions, si uniques lors des projections. J’imagine que pour un cinéaste, c’est le fait de voir visionner son film par le public, qui est la meilleure des récompenses ; et la crise du COVID nous a privé de tout cela. Mais le festival dans cette nouvelle forme a su créer des passerelles. Au-delà de cet évènement, nous travaillons à la reprise, sur l’ensemble du territoire, des manifestations artistiques et culturelles mises en stand-by depuis 2 ans et particulièrement dans l’Ouest.
Vous qui êtes conseillère déléguée au logement, pensez-vous que l’art et la culture soient des vecteurs de bien-être social ?
C’est exactement l’une des raisons pour lesquelles ma délégation inclue les modes d’habiter et le cadre de vie. La CTG souhaite revenir à des projets urbains pensés à taille humaine. Notre objectif est que chacun se sente valorisé dans son environnement, sa façon d’habiter la Guyane, avec ses traditions et ses habitudes. Les habitants de Kourou, de Cayenne ou d’Awala n’ont pas les mêmes besoins, ni les mêmes attentes. Pour moi tout est lié, lorsqu’on se sent bien chez soi, on a envie de créer, d’innover et de faire vivre les traditions à travers le chant, la danse, l’artisanat d’art ou tout autre mode d’expression.
Chérina, Joano, Pierre-André et Makaddeshken, lycéens en 1ère option cinéma au Lycée L. Elfort de Mana
Membres du jury lycéen, ils étaient accompagnés par Eléonore Magnien, professionnelle du Pole Image Maroni, pour découvrir les films, apprendre à porter un regard professionnel et formuler des critiques. Ils avaient également la lourde tâche, partagée avec les élèves de l’option cinéma du Lycée Lama Prévot à Cayenne, de désigner un lauréat.
Comment avez-vous vécu l’expérience collective du FIFAC en distanciel ?
C’était une expérience très enrichissante et intéressante. Nous avons passé la semaine à regarder des documentaires ce qui n’est pas dans les habitudes des jeunes d’aujourd’hui. C’était très chargé aussi, mais on a beaucoup appris sur l’Amazonie et ses habitants, sur les évènements dans les pays autour de nous. Nous avons partagé des moments forts en émotions, donné nos avis, appris à critiquer un film. On sait que cela nous servira pour la préparation de notre bac de français. C’est la première fois depuis près d’un an que nous nous retrouvons tous ensemble pour participer à un projet d’envergure, avec une approche professionnelle et des responsabilités aussi.
C’était comment d’être jurys ?
Etre jury, ça donne un sentiment de pouvoir dont on n’a pas l’habitude. On a l’impression d’être comme des « grands électeurs ». Se retrouver à donner son avis sur des films professionnels alors que nous sommes de simples amateurs, c’est aussi beaucoup de pression.
Le distanciel nous a un peu limité. On aurait dû former des groupes mixtes avec les lycéens de Cayenne. Ça nous aurait permis d’apprendre encore plus les uns des autres et de diversifier les débats. Juste avec notre groupe classe, les échanges étaient moins fournis, il y avait une sorte de consensus.
Selon vous, comment inciter les jeunes à regarder davantage de documentaires ?
Il faudrait proposer plus de documentaires de notre région et expliquer ce qu’ils contiennent, de quoi ils parlent. Ça serait bien sur une plateforme gratuite, comme la chaine YouTube du FIFAC par exemple. Les passer à la télévision, c’est bien, mais notre génération ne la regarde pas tellement.

Ce samedi soir aura lieu la remise des prix, diffusée sur les chaines de France télévision en Guyane, en Martinique et en Guadeloupe à 20h.



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Vos commentaires

cine973 18.10.2021
correction

Bonjour

Il s'agit des élèves en spécialité cinéma audiovisuel du lycée Lama prévot : donc ils ne sont pas de cayenne et d'autre part leur enseignement est obligatoire et coefficient 16 au bac. Merci de vérifier vos sources. Cordialement
leur professeur

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