B4C Institution : quand le buzz de TikTok se transforme en projet cinématographique
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B4C Institution : quand le buzz de TikTok se transforme en projet cinématographique

Mickael ALCIDE
Isma et Elias, fondateurs de B4C Institution, lors du tournage de leur court-métrage Reflet, sorti à l’été 2025.
Isma et Elias, fondateurs de B4C Institution, lors du tournage de leur court-métrage Reflet, sorti à l’été 2025. • ©_MOJU

De la Guyane à plus d’un million d’abonnés sur YouTube, Isma B4C raconte l’ascension de B4C Institution et les coulisses de leur dernier court-métrage Reflet, projeté au cinéma

Originaires de Guyane et partis en Hexagone après le lycée pour les études et le football, Isma et son frère Elias se sont lancés sur les réseaux en fondant B4C Institution après la crise sanitaire en 2021. Quatre ans plus tard, leur chaîne compte plus d’un million d’abonnés sur YouTube, près de 150 vidéos cumulant des centaines de millions de vues, et plus de 45 millions de likes sur TikTok.

Après le succès du court-métrage L’art de l’ARNAQUE en 2024 (plus de 2,6 millions de vues), ils ont célébré leur million d’abonnés en sortant Reflet en août 2025. Un court-métrage sur l’omniprésence de nos téléphones, qui cumule déjà plus de 700 000 vues.

L’aboutissement d’une vision

L’équipe a d’abord vu les choses en grand avec une avant-première au cinéma de Blagnac, en région toulousaine. « On avait mis tellement d’efforts et de moyens dans la vidéo qu’on s’est dit qu’il fallait qu’on finisse ça en beauté », explique Isma. Le succès fut immédiat et a dépassé leurs attentes. « On avait prévu 150 places et en deux jours, c'était rempli. Le cinéma a augmenté la jauge à 300 places et ça s’est rempli aussi ! »

Regarder le film sur grand écran, avec le public, a été une expérience forte. « C’était impressionnant de voir les gens tous en même temps dans la salle », confie-t-il. Il avoue avoir ressenti « un peu de pression au moment de la projection » : « il y a toujours cette appréhension que les gens n’aiment pas. Et là, c’est en live, c’est pas comme derrière l’écran. » Finalement, le Youtubeur se dit satisfait des retours : « Ça s’est super bien passé, ça prend bien sur YouTube, les commentaires sont incroyables et les gens kiffent, on espère que ça va continuer. »

 

« Nos téléphones nous connaissent mieux que nous-mêmes »

Si Reflet met en scène deux amis influenceurs divisés par une IA, Isma précise que l’idée de départ était plus large que la simple intelligence artificielle.

« De base, notre cible n’était pas l’IA spécifiquement, mais vraiment le temps d’écran passé sur nos téléphones et sur les ordinateurs. On voulait montrer à quel point nos téléphones ont des informations sur nous... on dirait que nos téléphones nous connaissent mieux que nous-mêmes. »
Ce projet marque aussi une évolution artistique par rapport à L’art de l’ARNAQUE, leur précédent succès. Isma raconte : « Pour la petite histoire, L’art de l’ARNAQUE a été démonétisée de YouTube, donc pour Reflet, on s’est dit : on va faire un truc sans arnaque, sans délinquance. » Il ajoute : « La grosse différence aussi, c’est qu’il n’y a plus le personnage du rat. Par conséquent, on a un rendu beaucoup plus pro. On est satisfaits, il y a vraiment cette pâte un peu cinématique. »

Cette ambition cinématographique est le fruit d’une évolution rapide. Tout a commencé sur TikTok, il y a quatre ans, mais ils ont su détecter le potentiel de la plateforme : « Ce qui était cool, c’est que c’était accessible, rapide, tout le monde peut faire des TikTok. »


Le succès de leurs scénarios sur la “trend du rat” a été le déclic qui les a poussés à capitaliser sur ce buzz TikTok pour lancer une série sur YouTube : « À un moment, on se dit ok, là ça a marché sur les réseaux, on va essayer de faire une série sur YouTube. On va essayer de capitaliser sur le buzz [...]. Et comme nous on adore les films, le cinéma, tout ça, on s’est dit qu’il fallait qu’on rapproche les deux mondes. »

Prochaine étape : le format film

Après un court-métrage de 20 minutes, puis un de 40 minutes, la team B4C voit déjà plus grand.
« La prochaine étape... on aimerait faire 60 minutes, c’est le format film. » Un objectif qui se heurte à une réalité matérielle. « Mais là, il faut commencer à avoir de l’argent », lance-t-il en riant. « Il nous faudra des sponsors et une équipe solide. On a mis 10 mois pour faire 40 minutes. S’il faut passer deux ans pour réussir à faire un long métrage à deux, c’est vraiment beaucoup de travail, en tout cas, c'est l’objectif… »

Partis d’une “trend” TikTok, Isma, Elias et leur équipe visent désormais le long-métrage, montrant que l’ambition n’a d’autre limite que les moyens à trouver pour la concrétiser.

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