L’Amazonie guyanaise sous les projecteurs des Révoltés du Monde
Douze autres films documentaires seront projetés à l’Eldorado d’ici dimanche, avant une programmation « hors les murs » dans onze communes de Guyane
« Guyane, l’appel de la forêt amazonienne » est un film documentaire de Céline Bittner qui a été diffusé en exclusivité pour l’ouverture du festival « Les Révoltés du Monde ».
Pour rappel, cette édition se concentre sur trois thèmes : les luttes des femmes noires et amérindiennes ; l’héritage de l’esclavage, du colonialisme et de l’impérialisme sur les sociétés contemporaines ; et les « violences du présent ».
Le premier documentaire part d’un constat simple, mais alarmant : la santé de la forêt amazonienne, poumon vert de la planète et symbole de la Guyane, n’est pas garantie. Des membres du peuple bushinenge et des scientifiques de l’ONF ont constaté l’apparition d’un phénomène inédit jusqu’ici. Des « patchs » d’arbres meurent sur place, en plein cœur de zones protégées et sans intervention extérieure.
Les feuilles tombent progressivement et les arbres touchés se décomposent sur place. En plus de l’impact évident sur la biodiversité, la disparition de ces arbres bouleverse le mode de vie des Bushinenge, qui accordent une valeur morale très importante à certains arbres de la forêt. Le documentaire prend l’exemple des fromagers, lieux de dévotion pour la communauté, ou encore d’une mousse végétale touchée par le phénomène. Celle-ci possède une forte valeur symbolique pour les Bushinenge, car sa présence dans la forêt amazonienne a permis à leurs ancêtres, qui fuyaient l’esclavage, de boire l’eau contenue dans les végétaux.
Le rendement des exploitations agricoles est aussi impacté. Les arbres fruitiers produisent moins, ce qui inquiète certaines communautés amérindiennes quant à leur autosuffisance.
Pierre Cazelles, directeur de la COP 30 Guyane et chef de la transition énergétique à la CTG, fait remarquer que la Guyane ne produit que de très faibles émissions de CO₂. Mais comme le dit Clarisse, présente lors de la diffusion du film et lanceuse d’alerte du peuple bushinenge : « Nous subissons les effets du réchauffement climatique sans en être la cause. »
Plusieurs méthodes pour tenter de préserver les espèces menacées à l’échelle locale sont d’ailleurs détaillées dans le documentaire, qui sera bientôt disponible sur France Télévisions.
Les trois invités et les sept jurés du festival étaient présents, tout comme le « jury jeune », composé de sept élèves en option cinéma au lycée de Balata Georges-Othily.
Guy Exama, 17 ans, fait partie de ce jury. « J’ai trouvé le film très pédagogique. On connaît cette forêt depuis des années, son rôle, sans avoir forcément conscience de l’importance de l’entretenir. En protégeant ce poumon, on protège aussi les peuples qui y vivent. »
Les places du festival sont à 5 euros, et des pass pour cinq ou dix films sont disponibles en ligne.

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