Du rififi à la crèche de Noha
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CAYENNE

Du rififi à la crèche de Noha

Karin SCHERHAG

Confrontée à une baisse d'effectifs, la direction a dû se réorganiser. Depuis hier, la crèche de Mont-Lucas ferme donc ses portes à 14 h 30 (au lieu de 18 heures). Un casse-tête pour les parents.

Rien ne va plus à la crèche de Noha. Ouverte le 4 novembre dernier dans la cité de Mont-Lucas, la première crèche privée de Guyane suscitait alors de très grands espoirs. À l'origine du projet, le constat simple d'un père de famille, confronté comme tant d'autres au manque de places disponibles en crèche. « Noha a rejoint les « statistiques » de tous les enfants qui ne pouvaient pas être accueillis dans une structure d'accueil collectif » , expliquait Olivier Alfred le jour de l'inauguration. Autour de lui, une équipe de vingt personnes archi-motivées. Une osmose qui n'aura hélas été que de courte durée. Et la moitié du personnel aurait déjà quitté le navire, à cause de salaires impayés. Les subventions promises auraient-elles tardé à être versées ? Joint par téléphone, le directeur général Olivier Alfred botte en touche : « On ne souhaite pas communiquer pour l'instant. On réserve les informations aux parents et on communiquera quand les choses seront sûres. C'est encore trop tôt » , nous répond-t-il. À chacun sa stratégie.
Une rapide visite à la crèche permet de jeter un oeil aux affiches placardées dans l'entrée depuis lundi. Et l'information est claire : « À partir du mardi 7 janvier 2014, le personnel accueillant se retrouvera en sous-effectif. Ainsi, pour assurer la sécurité et le bien-être de vos enfants, la crèche sera ouverte de 6 h 45 à 14 h 30 dès le mardi 7 janvier 2014, et ce jusqu'à nouvel ordre. » Quid des parents qui se trouvent dans l'impossibilité de récupérer leurs bambins si tôt ? Une réunion collective est programmée mardi prochain, 14 janvier, à 18 heures, pour évoquer les « turbulences » que traverse la crèche de Noha.
« C'EST PARTI POUR DURER AU MOINS UN MOIS »
À la sortie de la crèche, il y a ceux qui préfèrent ne pas faire de vagues. Comme ce grand-père heureusement là pour « rendre service à (sa) fille » . Ceux qui gardent le sourire : « Moi, je finis à 13 heures donc je peux être là pour mon fils. Ce qui m'ennuie le plus, c'est qu'il ne puisse plus bénéficier d'activités l'après-midi » , explique ce jeune papa. Et ceux qui montrent une réelle inquiétude. « Si la situation perdure, ça va être compliqué, témoigne Bruno. Et a priori, c'est parti pour durer au moins un mois. Je ne travaille pas le mardi après-midi donc aujourd'hui, j'ai pu récupérer mon enfant. Mais le problème va se poser les mercredi et vendredi. Ma femme et moi travaillons tous les deux. Et nous n'avons aucune solution. Nos familles sont loin et nos amis travaillent également. On ne sait pas comment on va pouvoir s'organiser. C'est regrettable que la direction de la crèche ne trouve pas de solution à nous apporter. »
Mais notre présence devant l'établissement n'est pas du goût de tous. Et surtout pas du directeur général qui apparaît soudain pour nous reprocher de faire un article « à notre sauce » . Non, juste de l'information.

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