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Cogneau à la source

Karin SCHERHAG
Jaimé et sa belle-fille Danielle font des réserves pour plusieurs jours (KS)
Jaimé et sa belle-fille Danielle font des réserves pour plusieurs jours (KS)

Installées en 2010 dans le quartier de Cogneau, les bornes-fontaines ont changé la vie des habitants. Deux autres devraient être livrées dans quelques semaines.

C'est un véritable balai de jerricanes, de touques et autres seaux qui s'opère chaque jour à proximité des bornes-fontaines de Cogneau-Lamirande. Pour Jaimé et sa belle-fille Danielle, l'opération ressemble même à une véritable expédition. Plusieurs dizaines de litres d'eau sont ainsi chargées à l'arrière de leur camion. « Je fournis deux maisons, explique Jaimé. La mienne et celle de mon fils alors forcément... » Comme de nombreuses familles du quartier, les Ribeiro da Silva sont privés d'eau potable. Et l'installation de ces quatre bornes-fontaines, en décembre 2010, a changé leur vie. « On la boit, on s'en sert pour cuisiner. Avant, on allait jusqu'à Oiapoque pour acheter des bonbonnes d'eau. 7 euros le bidon. C'est beaucoup moins cher de venir ici. On recharge notre carte auprès de la Sgde (Société guyanaise des eaux) et après, on n'a plus qu'à se servir. 10 euros pour 5 000 litres, calculent-t-ils de concert. Ce n'est vraiment pas cher. »
DES PANNES FRÉQUENTES
À tel point que quelques habitants, pourtant reliés au réseau, viendraient se fournir ici pour faire des économies. Le manège de Jaimé et Danielle est bien huilé. C'est lui qui remplit les bidons, elle qui les charge. « Ça va plus vite » , assurent-ils. Surtout si, comme hier matin, les habitants se font rares. « Parfois, je suis obligé de venir à 22 ou 23 heures tellement la file d'attente est longue » , raconte-t-il. « Les pompes tombent souvent en panne. Il n'y en a plus qu'une seule qui fonctionne, c'est compliqué » , ajoute sa belle-fille, sans perdre le rythme imposé par l'écoulement de l'eau. Sur ces bornes en effet, pas de bouton « stop » , ni « pause » . Et les pertes sont inévitables. « Le plus triste, c'est de voir toutes ces bouteilles abandonnées autour des pompes » , intervient Ismael. Lui aussi est un habitué. « Je viens depuis le début. Et plusieurs fois par semaine. Je remplis deux jerricanes, soit 50 litres, pour trois jours. On est dix à la maison alors on consomme beaucoup. Ces bornes à eau, on en avait vraiment besoin. » Une eau que la famille boira. Pour sa consommation ménagère, c'est dans le puits de son jardin qu'elle puise. Le mois dernier la mairie de Matoury annonçait l'installation prochaine de deux bornes supplémentaires.

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