Université : la jeunesse en marche
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Université : la jeunesse en marche

P.R, A.S-M, R.F, T.F.
La marche a débuté ce mardi matin à 9h, au Campus Troubiran
La marche a débuté ce mardi matin à 9h, au Campus Troubiran
Plus de 300 personnes se sont donné rendez-vous ce matin au Campus de Troubiran. Beaucoup d'étudiants, mais aussi des politiques et des personnalités du monde syndical. Les lycéens de Félix Éboué se sont joints à la marche. Le cortège s'est rendu à la Préfecture où une délégation a été reçue. À Rémire-Montjoly, les élèves du lycée Léon-Gontran Damas ont bloqué l'accès de l'établissement en soutien au pôle universitaire. Au même moment, des élèves de Lama-Prévot ont rassemblé 400 signatures. Le barrage a été levé dans l’après-midi. Ils prévoient de se remobiliser et faire aboutir le blocage mercredi.

À Cayenne, en tête de cortège, figuraient le député Gabriel Serville, le maire de Cayenne Marie-Laure Phinéra-Horth, Marie-José Lalsie du Parti Socialiste Guyanais, et la conseillère régionale Christiane Ichoung-Toe, de retour dans le département. 

Le cortège s'est étoffé au fil de la marche. Environ 1 000 personnes le constituaient à son arrivée à la Préfecture (750 selon la Police, 2 000 selon les organisateurs).
Une délégation d'étudiants et les représentants de l'intersyndicale ont été reçus par le Préfet et le recteur de Guyane. Réunion qui s'est terminée à 14 heures.
"Aucunes avancées" n'a été présentée par le Préfet pour le Collectif des étudiants. L'intersyndicale évoque, elle, de "timides avancées". Les 1 000 heures de travaux dirigés proposés par la présidente Mencé-Caster ne sont plus à l'ordre du jour. À la place, le Préfet a annoncé le redéploiement de cinq postes d'enseignants à la rentrée 2014.
En outre, une médiation est prévue avec deux médiateurs : un ancien recteur, Christian Forestier et un ancien universitaire guyanais, Raphaël Robinson. Ce dernier ne fait pas l'unanimité parmi les manifestants car il aurait refusé de signer la pétition de soutien aux étudiants. Pour l'heure, la grève se poursuit.

• Réaction de Laurent Linguet, porte-parole de l'intersyndicale enseignante :
• Réaction de Yhamina Jacques-Philippe, porte-parole du collectif étudiants :

•Revivez le fil de la marche de ce matin sur notre compte twitter : @franceguyane

 
- Réactions
Modeline et Marie, association Bloublou fini
"Logement et université, même combat"
On est solidaires car on veut autre chose pour la Guyane. Nous sommes pour une université de plein exercice pour avoir beaucoup de futurs étudiants et beaucoup de futurs médecins et avocats. Plus on développe la Guyane, mieux c'est. Le logement et l'université, c'est le même combat. Les étudiants ne savent pas où loger et ce n'est pas très bon pour étudier. On veut que cela change.
Henri, Matoury
"C'est mieux d'être géré par soi-même"
Je suis venu pour soutenir les jeunes, pour qu'on nous donne une véritable université gérée par les Guyanais pour les Guyanais. Partout ailleurs c'est comme ça. Dans tout pays libre, c'est mieux d'être géré par soi-même. Le mail de Confiant n'est qu'un fait divers, il faut d'abord se concentrer sur les demandes des étudiants. Cherchons à savoir ce qu'il faut pour nos enfants.
Maryse, mère d'un étudiant
"C'est un mouvement légitime"
Je me devais d'être présente. C'est un mouvement légitime, nous ne pouvons plus tolérer une telle situation. Nos enfants ne sont pas sûrs d'avoir des enseignants qui de toute façon arrivent au compte-gouttes. On s'est battu pour le rectorat, on se bat de la même manière pour l'université de plein exercice. Pourquoi la Guyane est-elle toujours la dernière roue du carrosse ? On ne peut plus justifier de dépendre de la Martinique.
Jean-Pierre Triveillot, MDES
"Il faut un grand combat sérieux"
Cela fait longtemps qu'on demande une université de plein exercice. Maintenant, il va falloir que ça change. Mais il faut un grand combat sérieux car l'État nous fera tourner en bourrique et le mouvement s'essoufflera. On doit pouvoir prendre nos décisions nous-même et je pense que la Martinique et la Guadeloupe peuvent comprendre cela. Même si l'université commence petit, on peut être minoritaires et faire bouger les choses.
Michel Dubouillé, secrétaire général de Guyane Écologie
"Les tèbè de Guyanais savent prendre leurs responsabilités"
Je suis favorable à une université de plein exercice qui permet à la jeunesse d'évoluer dans des cursus en adéquation avec les besoins de la Guyane. Mais il faut que cette université soit programmée dans sa mise en œuvre, qu'on lui donne les moyens de fonctionner. Raphaël Confiant a oublié l'époque où l'université des Antilles dépendait de Bordeaux. Je l'appelle à plus de sagesse et de retenue. Les tèbè de Guyanais savent prendre leurs responsabilités.
 



 
 
Courrier du sénateur Georges Patient à Raphaël Confiant

" Monsieur Raphaël CONFIANT, Doyen de la Faculté des lettres de Martinique

Paris, le 15 octobre 2013

Monsieur le Doyen,
Dans un courrier que vous dites privé, mais qui est adressé au responsable d’un site d’informations en ligne, et qui a donc été, de façon prévisible, largement diffusé, vous stigmatisez les enseignants et les étudiants du Pôle universitaire guyanais en des termes injurieux et parfaitement inacceptables, qui s’adressent en particulier aux « créoles guyanais » qui préféreraient, dites-vous, des « cheveux lisses » et des « peaux claires » à des qualifications, des diplômes, des compétences, de quelque origine que ce soit.

Alors oui, c’est faire injure à toute une population universitaire en lutte pour un enseignement de qualité et une université gérée avec rigueur, que de répandre de telles calomnies.

Oui, aussi et surtout, c’est faire injure à toute la population dont elle est originaire même si vous cherchiez par la suite à préciser que vos accusations ne s’adressaient pas à l’ensemble des Guyanais. Vous parlez de l’influence d’un ouvrage, signé de Jules Linguet, très polémique et très contesté. Jules Linguet, vous en conviendrez, ne peut pas être considéré comme le maître à penser ni des Guyanais en général, ni des universitaires guyanais.
Mais vous, en tant qu’écrivain, figure intellectuelle de la créolité, surtout, dans le contexte actuel, en tant qu’enseignant et dirigeant de l’UAG, vous avez une immense responsabilité devant la jeunesse des Antilles et de la Guyane.
Les débats suscités par l’expression de votre colère resteront stériles. Il est urgent qu’ils cessent. Il est aussi urgent pour vous, à l’UAG, pour nous, élus de Guyane, de recentrer nos discours et nos actes sur les vrais sujets : l’avenir du Pôle universitaire guyanais, les moyens dont il a besoin pour assurer sa mission, la qualité de l’enseignement et de la recherche qui doivent être les mêmes à Cayenne, à Fort-de-France ou à Strasbourg. Il est urgent de permettre à la jeunesse guyanaise d’avoir une université digne de ce nom, qui lui ouvre les portes du monde. Ne pensez-vous pas, avec Edouard Glissant, que « l’identité d’une communauté doit courir le risque du monde » ?
Et qu’il est, ici et maintenant, de votre responsabilité, à vous comme à d’autres, de permettre aux jeunes Guyanais de courir ce risque exaltant ? Je vous prie de recevoir, Monsieur le Doyen, l’expression de mes salutations distinguées."

 
 
 
Communiqué de la Prefecture
 
 Les étudiants du pôle universitaire et les représentants de l'intersyndicale reçus par le préfet et le recteur de Guyane

Suite à la marche organisée par les étudiants du pôle universitaire de Guyane, et les représentants de l'intersyndicale en grève, le préfet et le recteur de la Guyane ont reçu une délégation de 17 personnes en préfecture.

Préalable à toute discussion, le préfet et le recteur ont souhaité condamner fermement toute attitude et tout propos à caractère raciste, xénophobe ou discriminatoire.

C'est dans un esprit apaisé et courtois que s'est déroulé cet échange qui a duré deux heures et trente minutes. Il a permis d'avancer sur les réclamations exprimées par les étudiants et les représentants de l'intersyndicale qui portent à court terme, sur la gouvernance de l'université et à long terme, sur l'autonomie du pôle universitaire.

En matinée, Monsieur le préfet a reçu par courrier, des engagements forts de Madame Geneviève FIORASO, Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche qui a été remis à chacune des personnes présentes et qui prendront effet dès aujourd'hui.
- l'ouverture de la licence professionnelle de l'environnement ;
- l'ouverture de la bibliothèque universitaire avec anticipation du passage de la commission de sécurité ;
- la mise à disposition de locaux pour les étudiants (Maison vie étudiante)
- la remise en activité de la restauration mobile sur le campus ;
- la programmation de 5 redéploiements d'emplois d'enseignants-chercheurs (équivalent 1000h d'enseignement universitaire) dont le détail et la procédure seront précisés devant le conseil d'administration de l'université Antilles-Guyane.
Le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche accompagnera et soutiendra cet effort de redéploiement au moment de la répartition des emplois créés au budget 2014 ; 
- l'arrivée jeudi 17 octobre 2013 de deux médiateurs, Monsieur Raphaël ROBINSON, médiateur académique de la Guyane et Christian FORESTIER, ayant l'expérience de la responsabilité d'un établissement d'enseignement supérieur national. Ils auront à s'entretenir avec toutes les organisations qui souhaiteront les rencontrer et étudieront avec objectivité, toutes les formes de gouvernance à envisager pour mettre fin aux difficultés actuelles ;
- l'organisation d'une mission d'inspection générale de l'éducation nationale qui se rendra en Guyane dans les meilleurs délais, au plus tard à la fin du mois d'octobre. Par ailleurs, une cafétéria doit être livrée en décembre et installée dans la Maison de vie étudiante. La construction de 170 chambres, en cours, a vu sa réalisation accélérée.
Le préfet réitère son souhait d'aboutir à un accord durable dans le respect des valeurs universitaires et avec l'objectif de garantir la réussite de tous les étudiants.
 
 
 

Le cortège a marché jusqu'à la Prefecture
Laurent Linguet, membre du Sgen-CDTG
Christiane Finance, conseillère régionale
Réunion entre le collectif étudiants, l'intersyndicale enseignante, le Préfet et le recteur
Eric Spitz, Prefet de Guyane
Arrivés devant la préfecture, les manifestants ont sorti les tambours
"Ki sa nou lé? Rèspè !" criaient les manifestants
Alain Tien-Liong
Laurent Linguet
Gabriel Serville
Bruno Niederkorn (Steg-UTG
Eric Sptiz, Préfet
Des élèves du lycée Damas, à Rémire-Montjoly, ont bloqué ce mardi matin l’accès à leur établissement en soutien au pôle universitaire.
Le barrage a été levé dans l’après-midi. Les élèves du lycée Lama-Prévot eux, ont fait circuler une pétition recueillant près de 400 signature
La présence du proviseur au moment de l'organisation du barrage aurait effrayé les élèves. Par peur de sanctions le mouvement a avorté. Ils prévoient de se remobiliser et faire aboutir le blocage mercredi.