L'itinéraire de Cartounet ou comment transformer sa passion en profession
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Carter, photographe professionnel

L'itinéraire de Cartounet ou comment transformer sa passion en profession

Propos recueillis par Mickael ALCIDE
Le photographe Cartounet, 25 ans, prépare sa première exposition en Guyane, intitulée « CHEZ NOUS ».
Le photographe Cartounet, 25 ans, prépare sa première exposition en Guyane, intitulée « CHEZ NOUS ». • DR

Il a collaboré avec les plus grands noms de la scène urbaine, de Mavado à Kalash en passant par Gazo et Bamby. Alors qu'il prépare sa première exposition dédiée à son territoire natal, Cartounet revient sur son ascension pour France-Guyane, qui poursuit ici sa série sur les talents locaux de la photographie et de la vidéographie. Interview.

 

À seulement 25 ans, vous vivez aujourd'hui de la photographie en tant qu'artiste. Qu'est-ce que cela représente pour vous ?

C'est exceptionnel de vivre de sa passion et de vivre ses rêves. Je dirais que j'ai réalisé mon rêve d'enfant, parce que j'ai toujours voulu vivre de la photographie plus jeune. Et aujourd'hui, quand je vois que je travaille avec des artistes, qu'ils font partie de mon entourage, je trouve que c'est énorme.

Aviez-vous l'idée que vous pourriez atteindre ce niveau en commençant ?

Je savais que j'allais devenir un très bon photographe parce que j'ai la dalle, je ne m'arrête pas. Ayant grandi dans la musique, je suis particulièrement conscient des besoins d'un artiste. Je sais aussi que l'artiste existe beaucoup à travers son image. Donc je savais que j'aurais été un plus pour chaque artiste que j'allais rencontrer, c'était logique pour moi.

" M'amuser avant tout "

Quelle est votre plus grande réalisation personnelle aujourd'hui ?

C'est vivre de ma passion. Ce n'est pas d'être avec un artiste en particulier, mais c'est plutôt d'avoir réussi à montrer que je pouvais voyager grâce à la photo, que je pouvais manger grâce à la photo, et m'habiller grâce à la photo. Donc je ne fais que ça, à temps plein.

Quand vous couvrez un événement comme le Quai 54 ou un concert à Bercy, quelle est votre mission première ?

M'amuser, m'amuser à fond ! Je me dis que ce n'est pas tous les jours, c'est aussi quelque chose de très unique, surtout pour l'artiste qui performe. Pour moi aussi bien sûr, et ça rentre dans mon portfolio. Sur le moment, je suis comme un enfant. À mon premier Bercy, j'avais des frissons, je pouvais aller partout mais à un moment, mon esprit de photographe m'a dit : " fais des photos ". Le plus important c'est vraiment m'amuser avant tout, faire ce que j'aime et toujours me donner au max.

Vous avez commencé en Guyane et pris votre premier appareil photo vers 15 ans. Qu'est-ce qui vous a donné envie de faire de la photo ?

J'ai toujours aimé mes passions. J'ai toujours considéré qu'un jeune qui réussit, c'est un jeune qui réalise ses rêves. De base, je voulais être footballeur, puis athlète, mais ça n'a pas fonctionné et je n'aimais pas l'école. J'ai tout de suite compris que c'était l'école qui donnait la possibilité de faire certaines choses. Et à un moment donné j'ai dit : " Bon ben, la photo ! ". De là, j'ai demandé à ma mère, elle m'a soutenu... et c'est ce qui m'a amené à aller étudier à Studio M, l'école d'art à Montpellier. J'y suis parti pour me professionnaliser et pour comprendre vraiment le domaine de la photo.

" Voyager...et côtoyer l'inconnu "

Quelles ont été vos premières photos ?

Des plantes, bien sûr. J'apprenais à comprendre la photo et surtout aussi à comprendre mon appareil. J'ai un cahier où j'ai écrit toutes les techniques pour comprendre comment shooter, comprendre la luminosité, etc.

Quel a été le tout premier artiste avec qui vous avez travaillé ?

Le saxophoniste HB King, et en chanteur, Leackim. À partir de là, ça a suivi, et j'ai pu travailler avec différents artistes de la Guyane.

Quel message feriez-vous passer à un jeune qui veut vivre de la photographie ?

Je dirais de voyager et de côtoyer l'inconnu. De comprendre l'inconnu et de comprendre le pourquoi du comment. Quand on est chez nous, on sait ce que les gens aiment et tout, mais quand on voyage, c'est une autre perception. Tu ne vas pas faire la même chose, tu vas t'élargir autrement. Il faut partir, faut voyager, il faut faire que ça ! Tu ne peux pas rester chez toi de base... t'es obligé de prendre l'avion.

Quelle est votre collaboration la plus surprenante et pourquoi ?

Kalash. Parce qu'aujourd'hui c'est un grand frère. Je ne pensais jamais être ami avec... C'est lui qui m'a permis de découvrir mon rêve ultime, c'est-à-dire une salle de concert.

Quel a été votre plus beau lieu de tournage ?

À Paris, à l'occasion d'un tournage pour Miss Guyane 2021, Mélysa Stephenson, avec Miss Guyane Organisation. C'était incroyable.

Quelle est la personne la plus inspirante que vous ayez rencontrée ?

Cédric Simoneau. C'est lui qui m'a donné mon premier appareil photo professionnel et qui m'a permis de rencontrer tous ces gens que je côtoie aujourd'hui.

Quelle est la question que vous auriez aimé qu'on vous pose ?

Qu'est-ce que ça fait de toujours rester au niveau ?

Et quelle est la réponse ?

C'est énorme. C'est fatiguant, mais c'est énorme. Il faut charbonner, charbonner, charbonner.

Quelle est la clé pour rester constant et maintenir un très haut niveau ?

Voyager. Moi, mon cerveau c'est une carte mémoire : il faut savoir rejeter les anciennes images pour les renouveler.

Entretien vidéo à retrouver sur franceguyane.fr

" CHEZ NOUS "

Marquant une nouvelle étape dans son développement, le photographe a annoncé le mois dernier la préparation de sa première exposition en Guyane, intitulée " CHEZ NOUS ". Un retour aux sources symbolique pour l'artiste qui continue d'écrire son histoire.

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