Lancement de la 3e Bouvet-Guyane à Brest
Le prologue de la 3e édition de la course transatlantique à la rame en solitaire ralliant Dakar à Cayenne a eu lieu samedi à Brest (Finistère). Jean-Jacques Gauthier a fait le meilleur temps et Henri-Georges Hidair, seul de la « légion guyanaise » sur l’eau s’est classé 10e.
Certains écoutent de la musique, comme le favori, Jean-Jacques Gautier qui a passé la ligne d’arrivée en 1 heure 11 minutes et 24 secondes en écoutant chanter Johnny Hallyday ! Pierre Verdu, lui, n’a pas ramé. Comme ses camarades venus exprès de Guyane pour ce prologue, ils ont été dispensés de course. Leurs bateaux sont restés chez nous et puis, ils ont déjà couru leur prologue fin septembre, concédant une belle victoire à Jean-Emmanuel Alein sur Sapro Point Bois, l’embarcation qui a gagné l’édition 2009 avec Patrick Hoyau. Jean-Emmanuel pense que « tout le monde peut gagner cette course », mais il sait aussi qu’il ne vaut mieux pas être le favori ! Seul Henri-Georges Hidair, sur le bateau de l’organisation (Montsinéry-Tonnégrande est encore en Guyane), s’est battu. Et bien ! Il est resté dans le peloton et s’est classé 10e, le dernier des classés, mais classé ! « C’est ma deuxième sortie sur ce type de bateau, raconte le Guyanais après l’épreuve. Il y avait un vent contraire, mais je me suis amélioré, j’ai progressé ! »
Henri-Georges remet ça car il veut arriver en Guyane, chez lui ! Il a trouvé ses concurrents plus physiques qu’en 2009, « moins marins, mais plus forts ! » « Même pas peur ! », s’est amusé Rémy Dupont, le 6e Guyanais engagé après avoir assisté à la course. « Il y a des costauds, mais ce n’est pas sur un prologue qu’on peut se rendre compte. » Rémy a remplacé au pied levé Jean-François Taddéi, blessé. Il sait qu’il peut compter sur son « Brigandin », le bateau qui a donné une 3e place à Charles Bergère en 2009.
Comme d’habitude, c’est Jean-Jacques Gauthier sur Echo-Mer qui s’est très vite échappé, laissant 5 minutes derrière Remi Alnet sur Areva, malgré une rame brisée en plein effort, au bout d’une demi-heure de course. Son changement de pagaie s’est fait aussi rapidement qu’un changement de pneus de Formule 1 au stand ! Didier Torre, Christophe Dupuy, Jean-Christophe Lagrange et le Marseillais Pierre Mastalski se sont succédé dans un mouchoir de poche. La seule femme engagée dans la course, Olivia La Hondé, est bien partie, mais un puissant courant l’a emmenée trop loin, trop à l’écart de la route pour tenter de décrocher une place. Mais quelle rameuse, quelle grâce dans sa façon de ramer !
Le facteur Frédéric Devilliers, pour sa première participation, y est allé plutôt tranquille. « Il y a de très bons concurrents, dit Julien Besson, ça va être difficile de rivaliser avec autant de personnes aussi bien préparées que nous ! Mais au départ à Dakar, on sera tous à zéro et vraiment sur la mer ! » Tout le long du prologue, un grand dauphin noir solitaire a accompagné les rameurs. Seul hic au tableau, Christophe Dupuy, officier de marine quand il ne rame pas sur Doc, s’est amusé à détailler sur la VHF, pour tous les concurrents, le détail des installations militaires autour de l’Ile longue, base des sous-marins nucléaires… À l’arrivée, il a été escamoté par l’amirauté pour y subir une réprimande. Ça ne l’empêchera pas d’être à Dakar en janvier 2012 !
Il y a beaucoup plus de monde que lors de la précédente édition. On était 22 dont six ou sept Guyanais ; là on sera 26 au départ… On retrouve des anciens donc des concurrents sérieux comme Jean-Jacques Gauthier, Rémi Alnet ou Eric Lainé des menuiseries Bouvet. Ce sont des gens dont on sait ce qu’ils valent sur l’eau. Il y a Didier Lemoine qui en est à sa troisième participation et on sait qu’il y va plus pour le plaisir qu’autre chose. Après les autres, on ne sait pas trop. Ce n’est pas un prologue comme celui qui s’est déroulé à Brest qui permet de se rendre compte des potentiels de chacun… Parmi les métropolitains, il y en a qui rament bien, d’autres qui ont ramé pour la première fois. Il y a de tout dans cette course, c’est ce qui fait son charme.
Oui… J’ai grandi. J’ai trois ans de plus aussi!
Toujours la même chose. Je crois que ce qu’a dit Patrick Bouvet résume bien les choses: l’essentiel est de participer et d’arriver entier chez nous.

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