Mémoire sensible. La Déclaration de Basse-Terre : l'alliance inattendue
Le mercredi 1er décembre 1999, Lucette Michaux-Chevry, Alfred Marie-Jeanne et Antoine Karam, les trois présidents des Régions de Guadeloupe, Martinique et Guyane, signaient dans le chef-lieu de la Guadeloupe, la « Déclaration de Basse-Terre ». Onze ans plus tard, les 10 et 24 janvier 2010, les Guyanais et les Martiniquais actaient l'émergence d'une nouvelle institution, la Collectivité territoriale. Un choix que ne faisait pas la Guadeloupe. Pour certains observateurs, la « Déclaration de Basse-Terre » aura participé à ce « chantier d'avenir ».*Paru le 14 janvier 2022
«Nos parcours politiques sont très éloignés. Et pourtant, à la surprise de tout le monde, nous sommes ici autour d'une table pour sortir nos régions de leur isolement mortifère », déclare devant la presse (1) le président indépendantiste du Conseil régional de la Martinique, Alfred Marie-Jeanne. L'événement est ressenti comme un séisme politique. Il prend de court les états-majors et les différentes strates de l'État.
Nous sommes le 1er décembre 1999, à l'hôtel de Région de la Guadeloupe, à Basse-Terre. À ses côtés, Lucette Michaux-Chevry, présidente de la Région Guadeloupe, l'hôte des lieux, figure de la droite, et le socialiste autonomiste Antoine Karam, président du Conseil régional de la Guyane.
Ils viennent de signer « l'acte de naissance de la déclaration finale...

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