Viviane Émigré : « Je me suis fait un film de la catastrophe de Cabassou »
19 avril 2000 : le jour de son anniversaire, Viviane Émigré apprend la catastrophe de Cabassou. À 8 000 km, l’angoisse, puis le choc. Dix morts, une date à jamais gravée. Elle revient sur cette tragédie
Le 19 avril 2000 reste une date gravée dans la mémoire collective. Ce jour-là, le mont Cabassou s’est effondré, emportant avec lui dix vies. Une date que l’humoriste Viviane Émigré n’oubliera jamais.
« Quand cela a eu lieu, j’étais en métropole pour un spectacle. Ce jour-là, je fêtais aussi mon anniversaire, se souvient-elle. Après le restaurant, nous avons croisé plusieurs groupes de Guyanais et, très vite, la nouvelle s’est répandue : une catastrophe venait de se produire au pays.
Nous étions complètement bouleversés, essayant de comprendre ce qui se passait surtout avec l’annonce des morts. Nous n’avions jamais vécu cela.
J’ai paniqué, je dois l’avouer. Les informations arrivaient de partout. Chacun s’inquiétait pour sa famille, cherchait à savoir qui étaient les victimes. N’importe qui aurait pu être touché, car la route de Cabassou est très fréquentée.
Dans ma tête, je me suis fait un film : une montagne qui s’effondre, des tonnes de terre qui ensevelissent tout sur leur passage… C’était terrible.
Croyez-moi, vivre un tel drame loin de chez soi, quand on a une grande famille et beaucoup de connaissances, c’est extrêmement difficile. Les médias annonçaient plusieurs morts, mais sans donner les identités. Nous étions tous dans l’angoisse, à plus de 8 000 kilomètres.
Ce qui m’a marqué aussi, c’est que nous, en France, informions parfois des proches en Guyane qui n’étaient pas encore au courant.
Je suis rentrée en Guyane le 20 avril, le lendemain de l’éboulement. C’est à ce moment-là que j’ai appris que j’avais perdu de nombreuses connaissances dans ce drame.
Je voyais souvent des fissures sur cette montagne. Au fond de moi, je me disais que l’eau cherchait un passage et qu’un jour il y aurait des dégâts… Mais je n’imaginais pas une telle catastrophe.
Jusqu’à ma mort, je n’oublierai jamais cette date du 19 avril. Pas seulement à cause de mon anniversaire, mais surtout à cause de ce drame qui a coûté la vie à dix personnes. »

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters