Les enfants de parents ultramarins en général moins rémunérés par rapport à un français de l'Hexagone
Selon une étude de l'observatoire des inégalités publiée le 30 octobre 2024 et menée par les chercheurs Mathieu Ichou (INED) et Ugo Palheta (maître de conférences), à qualifications équivalantes, les enfants dont les parents sont issus de territoires ultramarins sont financièrement défavorisés sur le marché du travail.
Ce travail inédit mené par ces deux chercheurs trace de manière plus fine la nature et l'impact des discriminations que subissent les populations racisées en France sur le marché du travail. Les données nécessaires à cette étude n'ont pas été simples à compiler au regard de la réticence de la France à tenir des statistiques uniquement basées sur la race et l'ethnie. Néanmoins certains changements ont permis de tracer quelques tendances fortes.
"(...) l'introduction de questions sur le lieu de naissance des parents dans les grandes enquêtes de la statistique publique et la production de l'enquête "Trajectoires et origines"" a permis de "mesurer systématiquement les inégalités entre les enfants de natifs et les enfants d'immigrés, en particulier à l'école et sur le marché du travail" lit-on sur la synthèse de la publication.
Et ces données révèlent, entre autres, une différence de plusieurs centaines d'euros en moyenne, à qualifications équivalantes entre les enfants de parents issus de l'afrique subsaharienne, du maghreb et des outre-mer et les enfants de parents natifs de la France.
Concrètement, l'étude fondée sur un échantillon de 260 000 salariés montre que même avec la prise en compte d'autres facteurs sociodémographiques (âge, origine sociale, lieu de résidence), les inégalités sont signifiantes et impactent plus fortement les hommes. Ainsi, pour un homme dont les parents sont nés en Afrique subsaharienne, l'écart de rémunération avec un natif de France est de plus de 400 euros en moyenne, de 328 euros pour un salariés dont les parents sont ultramarins et de 186 euros pour celui dont les parents sont originaires du Maghreb. Pour les femmes, les écarts est moins grands, mais sont de 247, 131, et 98 euros respectivement.
Ces disparités viennent s'ajouter à la difficulté d'accès à l'emploi pour ces personnes, ainsi qu'à la tendance à accepter des emplois qui ne correspondent pas forcément à leurs qualifications. Cela renforce la rhétorique selon laquelle le racisme se vit aussi par ces inégalités qui "limitent l'accès aux ressources matérielles et pèsent sur la vie de celles et ceux qui en sont les victimes."
Avec leurs conclusions, les deux co-auteurs de l'étude espèrent en faire un socle pour la création de politiques publiques plus ambitieuses capables d'impulser une "transformation du fonctionnement de la manière dont est organisée notre société."

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