Le concours Calliopé révèle les talents de la jeunesse guyanaise
De Saint-Laurent-du-Maroni à Saint-Georges-de-l’Oyapock, les candidats ont porté les couleurs de leur commune lors de la finale régionale
Des centaines d’élèves issus de 4 bassins géographiques de la Guyane (Cayenne, Matoury-Rémire-Montjoly, Kourou et Saint-Laurent-du-Maroni) s’affrontaient depuis janvier dernier dans l’espoir d’accéder à la finale du concours d’éloquence, qui a eu lieu ce mercredi.
La finale du concours Calliopé Guyane a réuni 22 candidats au Cercle des Lumières de Cayenne. Séparés en cinq catégories, les élèves ont performé devant des parents et des professeurs attentifs, face à un jury composé de sept membres.
Saint-Laurent-du-Maroni était bien représentée avec 10 élèves sur les 22 finalistes. Macouria a aussi connu du succès avec 7 élèves présents, suivie de Kourou avec 4 candidats.
Nouveauté de cette édition, Saint-Georges-de-l’Oyapock fait son entrée dans la compétition avec Marwane Marie-Anaïs Pinheiro, qui a réussi à se hisser en finale dans la catégorie du plaidoyer.
Maryse Prévot est inspectrice de l’Éducation nationale de la circonscription de Macouria-Montsinéry-Tonnégrande. C’est elle qui est à l’origine du concours Calliopé (une muse de la poésie épique dans la mythologie grecque), créé il y a 7 ans à Macouria. Depuis, l’inspectrice cherche à convaincre un maximum d’établissements afin qu’ils participent à ce challenge qu’elle juge essentiel pour les jeunes élèves.
« Nous sommes en REP+ [réseau d’éducation prioritaire renforcée], avec certains élèves en grande difficulté dans la langue française. Il est important de leur donner l’occasion de se surpasser pour montrer à tous les autres que c’est possible avec un peu de travail », confie-t-elle.
Les réactions du public aux performances des jeunes compétiteurs sont une preuve de plus pour Maryse Prévot qu’il faudrait « arrêter de montrer uniquement ce qui ne va pas lorsque l’on parle de la jeunesse. Il y a de vrais talents sur le territoire, et il est temps de renverser la balance. »
Elle évoque aussi la « 4e édition du concours d’éloquence en créole, qui a eu lieu le 13 mai à Cayenne ».
Après délibération, le jury a annoncé les gagnants pour chaque catégorie, et des représentants de l’Éducation nationale ont été invités sur scène pour remettre les prix.
Dans la catégorie « création poétique », c’est Hyron Blavier, de l’école primaire Madly-Marignan de Macouria, qui a su convaincre les jurés.
Pour le « slam pour la paix » des élèves du second cycle, le choix du jury s’est arrêté sur Kalani Gauthier-Doh, de l’école élémentaire Léopold-Heder.
Laurys Birand, de l’école primaire Yolaine-Charlotte-Bolore, s’est imposée face à six autres candidats dans la catégorie du plaidoyer, qui opposait le plus de prétendants.
À la question « un bon élève fait-il forcément un bon professionnel ? », la Kouroucienne Karla Labady a répondu « non » [camp imposé aléatoirement]. Son argumentaire, et surtout son improvisation dans la seconde partie du débat, lui permettent de remporter la première place. Elle représentait le collège Omeba-Tobo de Kourou.
Malgré une chorégraphie surprise de Lorens Tiappa, qui a semblé plaire au public, c’est la lycéenne Gilvania Kerrie Altenor qui remporte la première place pour Kourou, sous une salve d’applaudissements.
5 formats d’oraux différents pour 3 grands thèmes
Cycle 1 (Petite à Grande section) :
Création poétique : « Sur le chemin de l’école, j’ai rencontré la colombe de la paix, elle m’a dit… »
Cycle 2 (CP à CE2) :
Slam : « Un slam pour la paix »
Cycle 3 : (CM1, CM2, 6ème) :
Plaidoyer : « Eh toi, la guerre… Oui toi, viens, j’ai deux mots à te dire »
Cycle 4 : (5ème, 4ème, 3ème) :
Joute oratoire : « Un bon élève fait-il forcément un bon professionnel ? »
Cycle 5 : (Lycée)
Débat philosophique : « L’IA est-elle l’avenir de l’homme ? »

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