La communauté antillo-guyanaise en fête à Saint-Sulpice
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La communauté antillo-guyanaise en fête à Saint-Sulpice

Raphael Luce
Une vingtaine de prêtres et 7 évêques étaient présents sur l'autel de Saint-Sulpice ce mardi 11 novembre.
Une vingtaine de prêtres et 7 évêques étaient présents sur l'autel de Saint-Sulpice ce mardi 11 novembre. • RAPHAEL LUCE

Chaque 11 novembre, la grande messe des Antillo-Guyanais rassemble à Paris des fidèles venus de toute la France et d'ailleurs. Cette année encore, l'église Saint-Sulpice a vibré au rythme des chants créoles et des couleurs du Madras. Entre ferveur et émotion, la communauté a renoué avec ses racines spirituelles et culturelles.

C'est un rituel devenu incontournable. Chaque 11 novembre, alors que la France commémore l'armistice, la communauté antillo-guyanaise célèbre sa propre mémoire à travers la foi, la fraternité et le partage. Organisée par l'Aumônerie nationale des Antilles et de la Guyane (ANAG), la messe annuelle rassemble à Paris énormément de fidèles venus des quatre coins de la France.

Créée en 2007, l'ANAG a pour mission d'accompagner spirituellement les Antillais et Guyanais vivant dans l'Hexagone, de maintenir le lien entre les territoires d'Outre-mer et leurs enfants de la diaspora. Cette année, la célébration avait lieu à l'église Saint-Sulpice, la plus grande de Paris. Un lieu symbolique, à la hauteur d'un rassemblement qui ne cesse de grandir : plus de 2 500 personnes ont répondu à l'appel.

Les évêques de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et de La Réunion étaient présents pour cette édition marquée par un passage de relais : Mgr Alain Ransay, évêque de Guyane, a transmis la mission de l'aumônerie à Mgr David Macaire, archevêque de Martinique. Une continuité dans la communion.

Chants, prière et ferveur créole

Dès 13h30, l'église Saint-Sulpice débordait déjà. Impossible de trouver une place assise, trente minutes avant le début des célébrations. Les allées bruissaient de conversations, de retrouvailles, de rires. Les fidèles, vêtus de Madras, portaient des offrandes parfumées aux saveurs ultramarines : fruits, fleurs tropicales, bougies, encens.

Le programme de l'après-midi s'ouvrait sur des louanges et des témoignages, puis un temps de guérison et de consolation guidé par les évêques. " Le peuple de Dieu a besoin d'être consolé ", rappelait Mgr Ransay. " Nous portons tous des fardeaux, et il est important de les remettre ensemble entre les mains du Seigneur. "

À 15h, la messe solennelle a rassemblé toute l'assemblée dans une ferveur palpable. Les chants créoles, portés par l'Ensemble vocal pour le Rassemblement national et le chœur diocésain de Guyane, ont fait vibrer les voûtes de Saint-Sulpice. Les visages étaient rayonnants, les mains levées, certains dansaient au rythme des tambours et mélodies. Une joie simple et contagieuse, qui faisait oublier le froid parisien.

Mgr Macaire a insisté sur le sens spirituel de cette rencontre :

" Nous ne sommes jamais aussi bons que lorsqu'on s'ouvre au monde autour de nous. Cette messe, c'est notre respiration : nous nous rassemblons pour mieux repartir. " 

Émotion et mission partagée

À la sortie de l'église, l'émotion se lisait sur les visages. Tous parlaient d'un même mot : unité. Des personnes venus de Lyon ou Strasbourg découvraient pour la première fois ce rassemblement, tandis que les plus anciens se souvenaient de leurs premières messes dans les années 1980.

Pour Mgr Macaire, cette célébration est plus qu'un événement spirituel : c'est un moment de mission.

" Beaucoup de nos jeunes partent. Nos territoires se vident, nos familles se réduisent. Nous devons les encourager à garder le lien, à revenir, à bâtir. " affirme l'évêque de Martinique.

L'ANAG, elle, prépare déjà d'autres projets : pèlerinages, festival des jeunes, rencontres mensuelles. L'objectif reste le même : tisser des ponts, et non des murs.

" Nous ne voulons pas former un “grumeau antillais” replié sur lui-même ", glisse Mgr Macaire avec humour. " Notre vocation, c'est d'être ouverts, joyeux, porteurs du Christ et du monde. "

Dans la magnifique église parisienne, les dernières notes de tambour résonnaient encore quand les fidèles ont quitté l'église. Une mer de sourires s'est répandue sur la place Saint-Sulpice. Tous portaient un peu de ce souffle d'unité et de chaleur qu'ils étaient venus chercher et pour repartir, plus forts, vers leurs vies d'étudiants, de parents, de croyants.

À Saint-Sulpice, le 11 novembre n'a pas seulement célébré la mémoire. Il a ravivé un feu vivant, celui d'une communauté unie grâce à la foi et tourné vers l'avenir.

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