VIH : « Les personnes dépistées et traitées tôt, ont une espérance de vie similaire aux gens qui n’ont pas le VIH »

VIH : « Les personnes dépistées et traitées tôt, ont une espérance de vie similaire aux gens qui n’ont pas le VIH »

Nancy LAFINE, n.lafine@agmedias.fr
Mathieu Nacher, Professeur d’épidémiologie et président du COREVIH (Coordination régionale du VIH et de la lutte contre les IST) 
Mathieu Nacher, Professeur d’épidémiologie et président du COREVIH (Coordination régionale du VIH et de la lutte contre les IST)  • CAPTURE D'ÉCRAN

Au lendemain de la journée de la lutte contre le VIH, Mathieu Nacher, Professeur d’épidémiologie et président du COREVIH (Coordination régionale du VIH et de la lutte contre les IST) évoque dans un 3 questions à... l'importance du dépistage dans la lutte contre le sida. 

  • Aujourd’hui il s’élève à combien le nombre de personnes qui vivent avec le VIH en Guyane ?

Il y a quelques années, j’ai fait des modélisations du nombre de personnes qui vivent avec le VIH en Guyane, et on parle aujourd'hui d’environ 3500 personnes, dont 3200 qui savent qu’elles l’ont. Ce qui veut dire que, quelques centaines de personnes ne savent pas qu’elles sont affectées. Ça reste une estimation, mais notre but est de diminuer ce nombre. Les personnes qui ne savent pas qu'elles sont atteintes du VIH, risquent de transmettre le virus à leur partenaire, de dégrader leur immunité et malheureusement, quand elles ont des symptômes, et qu’elles font un test il est trop tard. Nous voulons vraiment diminuer ce cas de figure là, car aujourd’hui, avec un traitement prit correctement une personne atteinte du VIH à une espérance de vie normale. C’est la journée mondiale de la lutte contre le sida, mais il ne faut pas oublier qu’il y a d’autres maladies sexuellement transmissibles.

  • Qu’en est-il du suivi des patients guyanais ?

Les traitements sont plus simples aujourd’hui avec un simple comprimé et deux prises de sang par an. Il y a donc de plus en plus de patients suivis par leur médecin traitant, soit environ 16%. Le Covid a eu un très gros impacte négative sur les consultations, les gens n’osaient pas venir à l’hôpital, et ça a un peu perturbé les systèmes d’information. Depuis les années 90, on suit chaque année, de façon très précise, les nouveaux cas, l’évolution du virus… À cause de la pandémie, aujourd'hui il y a une sorte de trou d’air, avec des informations moins bonnes. Il va falloir qu’on relance la machine. On a élégamment un taux de succès thérapeutique à 90% qui est un peu moins bon qu’avant. Une légère baisse certainement due à l’arrêt par certains patients de leur suivi ou traitement.

  • Peut-on encore mourir du sida de nos jours ?

Même s’il y a encore des personnes qui peuvent décéder du sida, c’est très rare ! On a divisé le membre de mort au cours de ces dernières années par 10. Il y a très peu de personnes qui meurent du sida de nos jours. En Guyane, avec les traitements, une bonne partie des patients en plus de 50 ans, donc ils ont les mêmes problèmes que les autres personnes de leur âge. Dans les quelques cas de mort, qu’il y a, c’est toujours pareil. Souvent il s’agit, de personnes qui ne se font pas dépister et qui arrivent très tard, quand elles ont des symptômes. Il y a aussi le cas des personnes qui ont un problème psychologique ou psychiatrique avec des addictions… qui ne prennent pas leur traitement, et arrêtent leur suivi. Il y a une dégradation de leur immunité et les gens décèdent.
Je le répète, les personnes dépistées et traitées tôt, ont une espérance de vie similaire aux gens de leur âge qui n’ont pas le VIH.

Un nouveau traitement injectable

Grande nouveauté cette année pour les personnes séropositives, l’injection intramusculaire de deux antirétroviraux (cabotégravir, et rilpivirine) à effectuer tous les deux mois, pour rendre la charge virale indétectable ; Entendez par la rendre le VIH intransmissible et permettre de restaurer l’immunité d’une personne vivant avec le VIH. S’il remplace la prise quotidienne du traitement oral, ce traitement ne s’adresse pas à tous les patients. En effet, il est essentiellement réservé aux patients stables et qui ont une infection contrôlée. Par manque de données pendant les essais, le traitement n’est pas recommandé chez les enfants, les femmes enceintes ou en âge de procréer. Proposé par l’hôpital de Cayenne depuis mars, il sera bientôt disponible à Saint-Laurent-du-Maroni. À noter que ce traitement est remboursé en France depuis 1 an.

 

Programme

• CAYENNE
- 6 et 7 novembre : Séance de dépistage et d'animation pour inscrits et personnel de l'EPAK de 14h à 16h.

• Matoury
- Tous les mercredis jusqu'au 17/12: ateliers de sensibilisation pour les élèves de 4e du collège La canopée.

 • Rémire
- 08/12 : Interventions de l'association IDSANTE au collège Néron

• Macouria
- 03/12 : Stand d'information, sensibilisation et distribution de préservatifs au marché de Soula de 8h à 12h30.

• Sinnamary 
- 03/12 : Stand d'information, sensibilisation et dépistages au marché de Sinnamary de 8h à 12h30.