Deux vaccins pour lutter contre le chikungunya
Un premier stock de 1 000 doses sera distribué afin de répondre aux besoins immédiats de la population
Deux vaccins sont disponibles gratuitement en pharmacie, sur prescription médicale, pour lutter contre la propagation du virus du chikungunya.
" Le vaccin ixchiq est un vaccin vivant atténué : nous avons pris le virus et l'avons affaibli. Il est destiné aux personnes dont le système immunitaire fonctionne correctement afin de leur offrir une protection ", explique dans un premier temps Loïc Epelboin, infectiologue au CHU. " Le second vaccin, vimkunya, est conçu à partir de particules protéiques qui vont également conférer une protection contre la maladie."
Au total, l'Agence régionale de santé (ARS) prévoit la mise à disposition de 2 500 doses : 500 doses d'ixchiq et 2 000 doses de vimkunya. Un premier stock de 1 000 doses sera distribué afin de répondre aux besoins immédiats de la population.
Des effets indésirables ?
Concernant le vaccin ixchiq, déjà utilisé à La Réunion, " des effets indésirables ont été rapportés chez certaines personnes âgées ou présentant des comorbidités ". C'est pourquoi il est principalement recommandé aux personnes âgées de 12 à 64 ans qui ne présentent pas de comorbidités.
" Pour le moment, le second vaccin n'a montré aucun effet indésirable grave ", affirme l'infectiologue.
Avec plus de 500 cas recensés, l'ARS appelle à la plus grande vigilance, notamment pour les femmes enceintes. Selon les autorités sanitaires, les nouveau-nés infectés par le chikungunya au moment de la naissance présentent un risque accru de retard psychomoteur à l'âge de deux ans.
" Pour l'instant, la Haute Autorité de santé ne recommande pas la vaccination chez les femmes enceintes, car il s'agit de vaccins récemment mis sur le marché ", précise Loïc Epelboin. Une étude doit prochainement être menée aux Antilles et à La Réunion afin d'évaluer leur utilisation dans cette population. Bien qu'elle ne soit pas recommandée à ce stade, la vaccination peut néanmoins être prescrite par un médecin au cas par cas.
Une prise de conscience collective
La campagne de vaccination est déployée sur l'ensemble du territoire. Bertrand Parent, directeur général de l'ARS, reste prudent quant à son accueil par la population. Il rappelle que la Guyane a déjà connu une certaine réticence à la vaccination lors de l'épidémie de Covid-19.
" Nous entrons dans la phase exponentielle de l'épidémie. Celle-ci va continuer à se développer. Mon objectif n'est pas de forcer qui que ce soit, mais d'engager une démarche de dialogue et de prise de conscience collective ", souligne-t-il.
Concernant les résultats de cette campagne vaccinale, le directeur de l'ARS se veut transparent : " Je rendrai publiques les données sur l'évolution de l'épidémie, les formes graves observées ainsi que les taux de vaccination. "
Selon lui, cette transparence permettra " que chacun puisse constater les bénéfices de la vaccination pour lui-même et pour la société guyanaise dans son ensemble, et ainsi encourager ceux qui hésitent encore à franchir le pas ". Il ajoute qu'il communiquera aussi sur les limites et les points de vigilance concernant l'efficacité de ces vaccins.
Selon Santé publique France, l'immunité actuelle de la population contre le chikungunya est probablement faible, estimée à environ 16 %.

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