Sur l'Oyapock, un déplacement ministériel éclair pour symboliser un rapprochement franco-brésilien
La France et le Brésil ont signé le 1er juillet à Brasilia une feuille de route visant à renforcer la coopération entre les deux pays
C'était un passage à toute vitesse sur l'Oyapock. En symbole des annonces faites la veille, Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères et Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur se sont rendus à Oiapoque, à la frontière franco-brésilienne. La délégation est revenue sur l'accord signé à Brasilia qui suspend l'obligation de visa de court séjour pour les ressortissants brésiliens souhaitant se rendre en Guyane. La mesure entre en vigueur à partir du 31 juillet.
Le locataire du quai d'Orsay affirme : "C'est l'aboutissement d'un travail de longue haleine et une nouvelle étape qui s'ouvre à la fois pour garantir la sécurité de nos compatriotes et pour assurer les conditions de développement économique de la Guyane en l'ouvrant vers son voisin."
"un moment historique"
"C'est un moment historique, nous l'attendons depuis de nombreuses années de négociations", déclare Patricia Ferraz, secrétaire d'État aux relations internationales de l'Amapá . "Les Brésiliens vont avoir plus accès à la Guyane et à l'Union européenne. Nous espérons faire plus d'affaires, principalement entre l'UE et le Mercosur. C'est bénéfique des deux côtés. Maintenant, il n'existe plus de frontières entre nous."
La feuille de route signée le 1er juillet entend aussi un effort commun dans la lutte contre le narcotrafic et la criminalité organisée. "L'accord permet d'abord de renforcer notre coopération contre l'immigration irrégulière et lutter contre la criminalité", affirme Jean-Noël Barrot. "Des officiers français vont être déployés auprès d'un certain nombre de cellules de coopération policière. Un dialogue migratoire va se nouer et les opérations conjointes entre les forces de sécurité brésilienne et française se multiplier." Le ministre insiste sur un "changement d'échelle" dans la bataille contre le narcotrafic en donnant une part importante à la coopération internationale "qui est la seule manière d'éradiquer le mal à la racine."
Une petite matinée sur place
"En étant main dans la main avec tous les pays concernés, on est plus forts. En signant cette feuille de route la France vient accélérer ce travail", ajoute Jean-Didier Berger.
Après une traversée en pirogue sur le fleuve frontière, les deux représentants du gouvernement ont continué leur périple en hélicoptère Caracal vers Cayenne. De là, ils ont pris l'avion pour la Martinique. Ils y sont attendus vendredi 3 juillet pour présenter le plan Antilles-Guyane de lutte contre le narcotrafic.
En tout, la délégation n'est passée qu'une matinée à Oiapoque et en Guyane.
Retrouvez notre interview complète du Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.

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