Patrick Labeau : " Montsinéry-Tonnégrande doit rester une commune rurale, ouverte et attractive "
Patrick Labeau, premier adjoint à Montsinéry-Tonnégrande se présente au scrutin du 15 mars avec une liste composée des conseillers municipaux de la majorité actuelle et de nouvelles têtes
Vous êtes le détenteur du bilan du maire sortant, Patrick Lecante, qui ne se représente pas, puisque vous étiez son premier adjoint.
Oui, tout à fait. Je suis le premier adjoint sortant de l'équipe menée par Patrick Leccante. Depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, nous nous préparons à impulser une nouvelle dynamique sur notre territoire de 640 km², avec nos deux bourgs historiques, Montsinéry et Tonnégrande, dans l'intérêt des habitants. Je suis candidat tête de liste à Montsinéry-Tonnégrande. Nous venons de dévoiler notre slogan : " Montsinéry-Tonnégrande, partageons notre avenir ".
La commune connaît une forte croissance démographique. Montsinéry-Tonnégrande est même celle qui augmente le plus en pourcentage. Beaucoup de familles s'installent. Est-ce encore une commune agricole ou devient-elle périurbaine ?
C'est une très bonne question. Tant que nous serons aux responsabilités, Montsinéry-Tonnégrande restera une commune rurale, avec l'agriculture, le tourisme et les activités qui y sont liées. Mais nous avons aussi deux pôles urbains historiques qui nous permettent, avec cette attractivité, une augmentation de population qui représente environ 200 habitants supplémentaires par an. Notre commune offre différents choix de vie. On peut habiter dans les bourgs, dans le futur quartier de la Carapa, ou en milieu rural, pour y développer des projets agricoles ou touristiques.
Vous êtes vous-même agriculteur. Quelle est votre exploitation ?
Je suis agriculteur, et avant cela petit-fils de cultivateur. J'ai été formé au lycée agricole de Suzini, puis j'ai poursuivi mes études jusqu'à un BTS agricole et une licence spécialisée dans l'insémination artificielle. J'ai travaillé dans les arbres fruitiers, les pépinières, la riziculture, l'élevage porcin, puis bovin. J'ai aussi développé la fenaison, qui permet de nourrir les ruminants toute l'année. En gros, je fais du foin. Cela garantit une alimentation saine et naturelle.
Vous habitez où précisément à Montsinéry-Tonnégrande ?
Je n'habite ni le bourg de Montsinéry ni celui de Tonnégrande. J'habite dans le secteur de la rivière des Cascades, en zone agricole. Ma famille est originaire de ce secteur, mes grands-parents sont nés sur le haut de la rivière des Cascades.
Il y a deux bourgs historiques. Comment éviter que les habitants de Tonnégrande se sentent oubliés ?
Il faut rappeler notre histoire. Montsinéry et Tonnégrande étaient deux communes distinctes, réunifiées dans les années 1940. À l'époque, la voie principale était la rivière. C'est pourquoi nous travaillons depuis des années sur un projet de navette fluviale. Rejoindre Montsinéry par Tonnégrande, ou inversement, par la rivière, c'est rapide, sans embouteillage, et cela fait partie de notre identité. La CACL est compétente depuis 2012 sur ce sujet. La commune a déjà investi plus de deux millions d'euros pour renforcer les berges de Montsinéry et préparer les infrastructures nécessaires. La navette fluviale permettrait aussi de développer des activités nautiques, de former des jeunes au transport fluvial et de valoriser notre patrimoine naturel. La navette fluviale, à l'échelle intercommunale, offrirait une alternative durable et touristique, entre Cayenne, Soula, la Carapa, Montsinéry et demain Tonnégrande.
Certains diront : pourquoi ce projet n'existe-t-il pas encore ?
Parce que la compétence transport relève de la CACL. À l'époque, notre priorité a été d'obtenir des bus pour la commune, car il n'y avait rien. Aujourd'hui, il faut augmenter les fréquences, car les bus sont parfois saturés.
Parlons tourisme. Quels sont vos projets ?
Il existe déjà des opérateurs touristiques, le bagne des Annamites, le Zoo de Guyane, la Mangrove, les gîtes agricoles. Certains sites ont été fermés temporairement pour des raisons de sécurité, mais l'objectif est de les valoriser durablement. Nous travaillons à un parcours touristique structuré avec la CTG et la CACL, pour renforcer l'attractivité et permettre aux visiteurs de rester plusieurs jours sur le territoire.
Il n'y a plus de restaurant à Tonnégrande aujourd'hui. Est-ce un frein ?
C'est un constat. Mais un projet de commerce est acté. Deux parcelles ont été cédées et un appel à projets pourra permettre l'installation d'un commerce ou d'un restaurant, au bénéfice des habitants et du tourisme fluvial.
Montsinéry-Tonnégrande est souvent citée parmi les communes les plus endettées. Comment expliquez-vous cela ?
Il faut parler d'investissement. La commune rembourse des prêts anciens, notamment pour la construction de la mairie. En 2008, nous avons aussi dû restructurer une situation déficitaire de plus de trois millions d'euros. Ces investissements ont permis de créer des écoles, une crèche... C'est ce qui rend la commune attractive.
Quel avenir voyez-vous pour Montsinéry-Tonnégrande ?
L'avenir appartient à toute la Guyane, mais Montsinéry-Tonnégrande a un rôle central. Nous sommes au cœur de l'île de Cayenne. La RD5 doit devenir une route nationale, car elle relie la RN1 et la RN2. Nous travaillons aussi sur la sécurisation du pont des Cascades et sur la création éventuelle d'un nouvel ouvrage adapté aux flux et tonnages actuels.
Les relations avec Macouria ont parfois été tendues. Faut-il renforcer les liens ?
Nous travaillons en bonne intelligence avec Macouria. Nous partageons des quartiers comme la Carapa, Quesnel-Ouest ou Risquetout-Ouest, ainsi que le Zoo de Guyane. L'intercommunalité est essentielle. Il faut penser ces infrastructures à l'échelle du territoire.
Sur le plan politique, plusieurs candidats sont en lice. Comment vous situez-vous ?
Nous sommes dans la continuité du travail accompli, mais aussi dans le renouvellement. Notre équipe associe des élus sortants et de nouvelles personnes, pour ressembler à la sociologie actuelle et future de la commune.
Justement, quelle est la sociologie de Montsinéry-Tonnégrande aujourd'hui ?
C'est une commune de diversité. Des familles anciennes, des nouveaux arrivants, des agriculteurs, des habitants venus de l'intérieur de la Guyane, de l'Hexagone ou d'ailleurs. Nous avons toujours consulté nos anciens, qui ont validé cette ouverture. C'est ce qui fait la richesse de notre commune.
Le collège dans le bourg de Montsinéry, depuis deux ans a-t-il changé la donne ?
Totalement. La mobilisation de la population en 2017 a permis son ouverture. Aujourd'hui, une famille peut accéder à une crèche, des écoles, un collège et même un lycée à proximité à Préfontaine.
C'est un levier majeur d'attractivité. Demain, la cuisine centrale permettra aussi de valoriser les productions locales et d'offrir une alimentation saine aux enfants avec les produits issus de nos fermes.

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