Manon Aubry : «Je continuerai de défendre l'octroi de mer»
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Manon Aubry, candidate aux élections européennes

Manon Aubry : "Je continuerai de défendre l'octroi de mer"

La rédaction

L'eurodéputée Manon Aubry (La France Insoumise), en campagne pour sa réélection, assure une série de rencontres et de visites aux Antilles. Elle a accordé un entretien à France-Antilles. La candidate de gauche donne un meeting ce mercredi soir à Schœlcher, en Martinique, aux côtés de Mathilde Panot, la présidente du groupe LFI, le député Jean-Philippe Nilor et Kevin Capron.

Ce n'est pas votre première visite aux Antilles, connaissez-vous les problèmes de ces îles ?

En effet, ce n'est pas ma première visite aux Antilles et force est de constater que les problèmes qui frappent ces îles perdurent. La vie chère, le taux de pauvreté et de chômage, en particulier chez les jeunes, sont alarmants. Il faut mettre fin à cette maltraitance sociale en bloquant les prix et les marges des grands distributeurs, qui profitent de leur situation de monopole pour se gaver. Il y a beaucoup à faire concernant l'environnement, en s'attaquant aux causes du changement climatique qui a un grave impact sur l'agriculture, et en dépolluant tout ce qui a été contaminé au chlordécone pendant des années. Emmanuel Macron a montré tout son mépris pour les Antilles quand il a dit que "le chlordécone n'est pas cancérigène". Comment ose-t-il alors que 90% des Antillais sont contaminés et que la Martinique connaît le plus fort taux de cancer de la prostate à cause de ce poison ? Nous avons déjà obtenu à l'Assemblée nationale la reconnaissance de la responsabilité de l'Etat français : il est temps maintenant d'élargir le fonds d'indemnisation et la gratuité du dépistage et du traitement. Et de tirer enfin les leçons de ce scandale d'Etat : interdisons tous les pesticides dangereux comme le glyphosate !

Deux négociateurs envoyés par le président de la République vous ont précédé de quelques jours, auprès des exécutifs de ces collectivités : ils parcourent tout l'Outre-mer afin de préparer des évolutions statutaires et institutionnelles. Comment voyez-vous la suite de ce dossier ?

Sans grande surprise ils n'ont rien annoncé pour répondre à toutes les préoccupations que je viens d'aborder : ils méprisent complètement les conditions de vie des Antillais, à qui ils refusent l'égalité des droits. Sur le volet institutionnel, l'éloignement de l'Hexagone pose des questions communes sur la continuité territoriale, les importations, l'autonomie énergétique ou alimentaire pour les territoires ultramarins. Il est temps d'amorcer une réflexion globale en associant toutes les parties, car réformer les institutions ne peut se faire dans une discussion de bureau à Paris ou pour faire diversion face aux revendications légitimes des peuples. Au Parlement européen, nous nous battons pour que la spécificité des RUP soit reconnue, pour qu'elles bénéficient de dérogations et de mesures spécifiques dans tous les règlements et fonds européens et aient accès à un soutien financier accru dans les domaines de l'éducation, de l'emploi, de la lutte contre la pauvreté et contre le changement climatique.

La réforme de l'octroi de mer inquiète beaucoup les collectivités et les élus locaux. Il s'agit d'une réforme dont la nécessité, au moins, est inspirée par Bruxelles, qu'en pensez-vous ?

Comme souvent, la Commission européenne propose des réformes totalement déconnectées de la réalité sur le terrain. Je continuerai de défendre l'octroi de mer, qui est indispensable pour protéger l'économie locale, favoriser les circuits courts et préserver les emplois locaux face aux importations et la concurrence déloyale. Les ressources financières des communes des Outre-mer dépendent de l'octroi de mer : le supprimer c'est les prendre à la gorge, ce serait une folie ! En revanche, il est clair qu'il faut agir pour lutter contre la pauvreté et faire baisser le coût de la vie et les prix. Il serait par exemple possible d'abaisser encore plus la TVA et de supprimer l'octroi de mer sur des produits de première nécessité importés et sans concurrence locale.

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